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 From The Ashes Of Hate [PV]

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Isobel S. Turner
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▌Nombre de messages : 9407
▌Fireflies : 105
▌Date d'inscription : 17/08/2009
▌Age : 27
▌Age du Personnage : 26 ans
▌Métier : Cambrioleuse
▌Force & Pouvoir : Diabolique.
▌Faiblesses : Elle, Lui et tous ces souvenirs qui me meurtrissent.
▌Playlist :
THREE DAYS GRACE - world so cold | GHINZU - high voltage queen | MUSE - time is running out | PLACEBO - battle for the sun | H.I.M - soul on fire | EPICA - the phantom agony | THE USED - let it bleed | ALANIS MORISSETTE - versions of violence | THE RASMUS - in the shadows | PUSCIFER - the undertaker | POETS OF THE FALL | carnival of rust | FOR MY PAIN - queen misery | QUEEN - killer queen | AEROSMITH - janie's got a gun | SKILLET - dead inside | WITHIN TEMPTATION - stand my ground | IMOGEN HEAP - useless | MÉLANIE LAURENT - insomnie .

▌Citation : « Et plus on aime fort, plus la douleur à venir sera décuplée. Tu connaîtras le manque, puis les affres de la jalousie, de l'incompréhension, la sensation de rejet et d'injustice. Tu auras froid jusque dans tes os, et ton sang fera des glaçons que tu sentiras passer sous ta peau. La mécanique de ton coeur explosera. Je t'ai moi-même greffé cette horloge, je connais parfaitement les limites de son fonctionnement. » } Mathias Malzieu.



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MessageSujet: From The Ashes Of Hate [PV]   Dim 11 Mar - 17:03


From The Ashes Of Hate.
« You'll burn this time. Seeing the violence. It's feeding my mind. No one is saving you. How can you find. A heaven in this hell? Leave it behind. Hearing your silence. It screams our goodbye. Cannot believe it's an eye for an eye. Love is gone to waste. Angels have faith. I don't want to be a part of his sin. I don't want to get lost in his world. And this playing this game. When the shadows remain in the light of day. On the wings of darkness he'll retaliate. He'll be falling from grace. Till the end of all his days. From the ashes of hate. It's a cruel demon's fate. On the wings of darkness. He's returned to stay. There will be no escape. Cause he's fallen far from grace. What have you done? Is this what you wanted? What have you become? His soul's not forsaken. You're walking alone. From heaven into hell. Now that you know. Your way in this madness. Your powers are gone. Your chains have been broken. You've suffered so long. You will never change. »
Elle se sentait presque l’âme d’une artiste, en contemplant son œuvre macabre. Talent certain inspiré par la mort, et non par la vie. Les coups de poignards s’étendaient en prodigieuses arabesques sur le corps maltraité du damné, imprimant à sa chair des gravures boursouflées ne daignant pas se refermer. Les traits étaient toutefois grossiers, et la perfectionniste tapie en elle regrettait amèrement la finesse et la pureté de son ancienne lame. L’acide versé sur les plaies empêchait toute cicatrisation, infectait les écorchures d’un venin corrosif à l’extrême. Ses gémissements lui arrachèrent un sourire satisfait et elle prit un malin plaisir à piétiner l’un de ses poignets avec ses talons aiguilles, avant d’appuyer sur ses vertèbres jusqu’à sentir ses os craquer sinistrement. Reboutonnant son chemisier blanc, presque immaculé en dépit du carnage auquel ses phalanges s’étaient adonnées sans vergogne, tandis que l’incandescence de ses iris s’ancrait à la vision désastreuse de sa piteuse victime. Séduire, torturer, tuer… les vieilles habitudes reprenaient vite. Mais cette fois toute once d’humanité semblait s’être évanouie, et le vide cruel qui s’épanouissait en elle se devait d’être comblé par la sauvagerie de ses crimes. Chirurgienne méticuleuse prenant un plaisir malsain à sectionner, briser écarteler. Elle s’échinait à y mettre toute son ardeur, toute sa perversité, toute sa fureur… et pourtant l’élan d’euphorie qui la saisissait fugacement ne durait que quelques misérables secondes. Douloureusement assoiffée, le manque qui se creusait au fond de ses entrailles n’en finissait pas de la marteler. Déjà lassée, elle esquissa quelques pas vers la commode, attrapant l’arme qui dormait dans un tiroir avant de viser le crâne du démon étendu à ses pieds. Le regard presque suppliant, il tenta une parade. Cherchant vainement à l’amadouer, attrapant sa cheville de ses doigts crochus pour qu’elle le prenne en pitié ou simplement pour la faire vaciller. A bout de force, la maigre résistance qu’il y imprimait ressemblait davantage à une caresse déplacée qu’autre chose. Ses lèvres s’entrouvraient pour prononcer d'infimes palabres, mais cela se résuma au néant. Une insulte, une supplique, qu’importe. Un soupir agacé s’échappa de sa gorge et la balle du colt qu’elle tenait fermement acheva sa folle course directement dans sa cervelle, éclaboussant le sol de sa belle teinte vermeille. Elle jeta le pistolet sur le lit, décidée à s’occuper plus tard du cadavre. Pour l’heure, il y avait plus important. Cette obsession qui n’avait cessé de gagner en ampleur, qui l’obnubilait tellement qu’elle sentait des fourmillements parcourir l’ensemble de son épiderme. Il fallait que ça s’arrête, d’une manière ou d’une autre ; et c’est ce qui la résigna à se téléporter directement chez Lui. Rageuse et obstinée.

La brise hostile qui s’immisçait dans chaque recoin de l’appartement la fit frissonner au moment où les ténèbres l’y recrachèrent, et ses prunelles azurées embrassèrent lentement les meubles du regard. L’atmosphère avait changé, différente de ses souvenirs d’antan. C’était dans l’air, comme une pernicieuse intuition. Elle se rappelait d’une chaleur suffocante, d’une passion étouffante. Elle se rappelait aussi d’objets de valeur, parfaitement rangés et ordonnés. Elle se rappelait du vif réconfort qui la saisissait chaque fois qu’elle entrait, car quelques soient les circonstances et l’état rutilant de ses nerfs, elle avait quasiment fini par se sentir chez elle. A présent tout n’était plus que désordre et désolation, et le souffle glacial de la mort l’emprisonnait de ses filets invisibles et asphyxiants. Perturbée, elle se sentait comme quelqu’un qui conserve soigneusement des réminiscences douces et colorées de l’endroit où il a passé son enfance, et qui y retourne bien des années après en n’y retrouvant que décombres et ruines. Tout lui invoquait Son infâme trahison, Son abjecte domination. Le pire c’est qu’elle n’était pas morte au cours d’un valeureux combat, après avoir versé sueur et sang durant des heures et des heures. Il ne l’avait pas épuisée, ni physiquement ni psychiquement. Non il avait suffit qu’elle Lui fasse vaguement confiance, qu’elle Le laisse répandre son vil arsenic dans les failles de son exécrable palpitant. Elle L’avait laissé s’approcher, la posséder complètement, et puis la briser, comme un vulgaire pantin qui ne sert plus à rien. Désarticulée, les genoux sciés. Et c’était impardonnable, d’être si fautive. Le lieu semblait abandonné mais certains signes ne trompaient pas : le mégot se consumant dans son cendrier près de la baie vitrée. Les draps froissés, un peu plus loin. Les effluves de Son essence enchanteresse, celle-là même qui la rendait ivre et insatiable, toujours palpables. Mais surtout l’animal dormant sur le tapis du salon, et qui finit par s’extirper de son sommeil profond en entendant le plancher craquer. Elle doutait qu’Il ait décidé de laisser le canidé mourir de faim, en dépit de l’opinion atroce de Lui qu’elle avait pu se forger en se consumant dans les flammes de l’antre de Lucifer. L’aboiement du Cerbère miniature lui vrilla les tympans et peut être pour la première fois depuis sa sortie des géhennes, ses traits de fer s’adoucirent sincèrement tandis que ses phalanges se glissaient dans le pelage soyeux. Au moins un spécimen masculin qui n’avait pas trahi, ni triché, ni trompé. Elle avait envie de ricaner devant la comparaison « tel maitre, tel chien » : tu parles…

Alerte, les muscles raidis à l’extrême, elle délaissa rapidement la boule de poils pour se faufiler jusqu’à la place où trônait jadis la tranchante et étincelante table de verre. La trace des pieds de cristal rayait encore le parquet, et surtout une sorte de trace jaunie et calcinée y nichait. Ce salopard l’avait faite brûler. Elle ne savait pas ce qu’elle aurait préféré après tout. Qu’Il l’empaille histoire de garder un trophée de chasse ? Qu’Il l’enterre soigneusement, et laisse sa peau satinée se faire dévorer par la vermine et les insectes six pieds sous terre ? Elle aurait préféré qu’Il ne la tue pas tout simplement. Et qu’Il ait pu se débarrasser d’elle sans l’ombre d’un regret ni d'un remord, comme on fait disparaitre une chose trop vilaine et encombrante, lui lacérait la poitrine jusqu’à lui en donner la nausée. Ses doigts en esquissèrent fébrilement les contours difformes, se souillant au passage avec la cendre et la suie encore mal effacés. Tyrannisée par une souffrance sans nom, perdue dans ses pensées austères, elle sursauta en entendant la porte d’entrée claquer et le propriétaire s’avancer. Elle se releva subitement, se retenant de disparaitre avant qu’Il n’ait pu l’apercevoir. S’obligeant finalement à rester digne et stoïque, Le fusillant d’hors et déjà de ses yeux de vipère. Regrettant affreusement de ne pas pouvoir s’arracher le cœur de sa cage thoracique, tant le traitre pouvait trébucher maladroitement sur ses battements. Fourbe inconscient continuant inlassablement de Lui vouer une dévotion aveugle, peu importe que son odieux et adoré tortionnaire ait pu le piétiner allègrement par le passé.

« On dirait que quelqu’un a mal nettoyé derrière lui… Moi qui te croyais maniaque. »

Sarcasmes susurrés d’un ton mielleux et acerbe pour mettre un terme à leur affrontement silencieux. Parlant surtout d’elle-même pour le ménage : même après lui avoir fracassé la nuque, après l’avoir renvoyée auprès de Satan, elle trouvait le moyen de revenir Le hanter. Et le pire, c’est qu’elle ignorait toujours pourquoi, pourquoi sa peine infernale avait été écourtée.

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CALL ME A SINNER, CALL ME A SAINT I finally put it all together, But nothing really lasts forever. I had to make a choice that was not mine, I had to say goodbye for the last time. I kept my whole life in suitcase, Never really stayed in one place. Maybe that's the way it should be, You know I've led my life like a gypsy.

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▌Métier : Jeune directeur de l'hôpital de Salvation
▌Force & Pouvoir : Tous les pouvoirs associés aux êtres démoniaques
▌Faiblesses : Elle, et les méandres de cette enfance chaotique qui fut mienne
▌Playlist : Undisclosed Desires - MUSE } Unleashed - EPICA } Monster - SKILLET } The Haunting - KAMELOT feat SIMONE SIMONS } I Own You - SHINEDOWN } Better than Love - HURTS } Hurricane - 30 SECONDS TO MARS } Not Strong Enough - APOCALYPTICA } The End of Me - APOCALYPTICA } A Dangerous Mind - WITHIN TEMPTATION } Faster - WITHIN TEMPTATION } Lost and Damned - KAMELOT } Serenade of Self Destruction - EPICA } My Name - SHINEDOWN }

▌Citation : '' I want to exorcise the demons from your past I want to satisfy the undisclosed desires in your heart ''



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MessageSujet: Re: From The Ashes Of Hate [PV]   Lun 12 Mar - 19:50


Le mélange devenait irritant. A l’odeur de la peur venait s’ajouter celle du sang qui glissait sur mes doigts. La sensation me faisait frissonner tant elle était délectable. Jouissive. Sa peur aussi, je la sentais grouiller sous sa peau, juste là, sous mes doigts. Il en tremblait, réduit à néant par la simple pression de mes phalanges contre son crâne. Et moi, je perdais patience. Il m’irritait, le seul bruit de sa respiration totalement folle m’agaçait. Je le forçais à relever la tête une fois de plus, l’envoyant se fracasser avec plus de force que précédemment contre les pages jaunies de son misérables cahier. Il n’était pas le premier à qui je rendais visite, il ne serait certainement pas le dernier. Ils avaient tous résisté, quoi de plus normal. Je les avais tous brisé, un à un, avec de plus en plus de sadisme, faisant preuve d’une violence qui m’avait laissé sans voix la première fois. A présent, je n’éprouvais plus qu’un violent plaisir. Intense, comme jamais. Dépourvu du moindre remords, je laissais mes pulsions prendre le dessus sans chercher à les entraver. Sans même y penser. Mon cœur ne battait plus que pour l’horreur et la souffrance. J’avais fini par exceller dans l’art de briser un homme. Celui-là n’avait pas dérogé à la règle. Chasseur sans cervelle misant un peu trop sur ses capacités que sur la véritable force de sa raison. Je l’avais vu ployer, pleurnicher pour que je cesse. Je les entendais toujours ses jérémiades, elles continuaient de frapper contre mes tempes avec une telle ardeur que j’en avais mal au crâne. Je n’étais plus que l’ombre d’un monstre. J’avais pris un malin plaisir à faire souffrir son épouse, la laissant se vider de son sang sur le parquet miteux après l’avoir supplicier pendant des heures. Hommes ou femmes, peu m’importait à présent, ils étaient tous égaux, tous indignes. De vulgaires insectes que j’écrasais avec perfidie. Tant qu’Elle ne me serait pas rendue, je les massacrerais. Les limites que je m’étais fixés il y a des années étaient tombées en fumée, brisées par un vent de folie qui semblait ne pas vouloir s’apaiser.

« - Tu vas te dépêcher de les lires ces foutus mots ! »
Je ne pus contenir la colère qui fit trembler ma voix. Mon impatience me brûlait la peau, et la sienne aussi. A ma fureur s’étaient mêlés les craquements de son nez, brisé contre la table. Celui qui se tenait de l’autre côté du meuble sursauta, je le vis du coin de l’œil. Attention d’un tyran qui se reporte sur une autre victime, je le dévisageais sans la moindre chaleur. Lui aussi, il n’était qu’une simple victime. Un assemblage de chair et d’os mis en travers de ma route. Créer pour être brisé. Gamin à peine sortit de l’adolescence qui deviendrait comme ses géniteurs. J’hésitais encore, tirailler entre mon envie de faire céder son géniteur en lui faisant subir le même sort qu’à sa mère. Brisé par un attachement vulgaire envers les enfants quel que soit leur âge. Les doigts de son père contre mon poignet me poussèrent à reporter mon attention sur le misérable. J’en esquissais une grimace de profond dégoût. Peau parsemée de plaies toutes plus affreuses les unes que les autres, sa main gauche était hors d’usage. Déplorable, j’en aurais certainement eu la nausée si mon envie de le briser plus avant n’était pas venue emprisonner mon cœur. Mécanique satanique affolée, distillant tout son venin dans la moindre parcelle de mon être. La partie dura encore de longues heures. Son refus d’obtempérer ne faisait que m’inciter à continuer.

Il n’avait pas soufflé mot, si ce n’est des injures et les vers d’une malédiction. Je suis déjà maudit, à quoi bon vouloir en rajouter ? Maudit, jusqu’au plus profond de ma chair, j’ai même supplié pour qu’Il détruise les restes de mon âme. Juste pour Elle. J’ai essayé de faire disparaître les traces écarlates maculant mes mains, je n’ai fait qu’effacer les stigmates de mes horribles méfaits. Je le vois encore, l’éclat de panique et les suppliques silencieuses venues se glisser dans les yeux du rejeton avant que je ne lui brise la nuque. Ils me font encore frissonner, même maintenant que la chaleur du couloir vient envelopper ma misérable carcasse. L’adrénaline est en train de disparaître, d’abandonner mes veines pour me laisser seul au milieu du silence de ma conscience. Vide. Il ne reste plus qu’un lourd silence sous ma peau. A peine troubler par la frêle symphonie d’un cœur à l’agonie. Et même dans les instants de forts plaisirs, il ne reste qu’un murmure, à peine perceptible. En aucun cas dérangeant.

Immobile devant la porte, j’hésite à glisser la clé dans sa serrure. Je ferme les yeux, inspirant profondément pour tenter de chasser la main qui emprisonne ma gorge. La tristesse est devenue mon unique amante. Privé de mes larmes, cette sensation d’étouffement est la seule manifestation d’un chagrin qui me consume presque autant que ma rancœur et ma haine envers un monde que j’exècre. Je crus pendant un instant repérer les notes enchanteresses de Son essence. Chimère olfactive qui me hante. A chaque fois qu’elle me frôlait, je ne me retournais que pour fixer du vide. Vide d’une absence qui me pèse un peu plus chaque jour. Je me décidais enfin à ouvrir la porte, la claquant derrière moi sans grande douceur, m’attendant à ne trouver qu’un chien entre ces murs qui m’indisposent à présent, et que j’avais fini par délaisser. Mes gestes s’arrêtent d’un seul coup, figés par la stupeur et un certain effroi. Je me surpris à ciller à plusieurs reprises, ignorant même l’animal venu se heurter contre mes jambes comme il avait l’habitude de le faire. Ma main chercha à tâtons un appui, se reposant alors contre un meuble tandis que je fixais l’apparition sans pouvoir m’en défaire.

« - Moi qui croyais avoir atteint un stade avancé de folie, voilà que mes hallucinations me parlent maintenant »
Ma moquerie avait fini par mourir dans ma gorge, détruite par le tourment qui sévissait dans les méandres de mon être. Je l’avais souvent rêvé, Son retour. Qu’Elle se tienne là face à moi, pour de bon, me paraissait impossible. Un violent frisson vint déchirer mon échine alors que je me risquais à faire un pas vers Elle. Un de ces maudits chasseur avait-il réellement accompli sa tâche ? Je commençais même à me dire que mes suppliques n’étaient pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Ce qui apposerait un nom sur les horreurs et les changement qui peuvent me poursuivre depuis quelques temps.

Au coeur de toutes ces suppositions planait encore l’ombre du doute. Au milieu du néant, l’amas de chair niché entre mes côtes battait un peu plus fort que d’ordinaire. Rouillé jusque dans la moindre fibre, son soudain regain de vigueur me faisait souffrir. Présence réelle ou non, elle m'indisposait autant qu'elle me soulageait. Pour la première fois depuis cette horrible nuit, j'avais peur. Peur de me perdre un peu plus dans mes délires. Peur de La voir disparaître si jamais j'avais le malheur de fermer trop longtemps les yeux. Peur, c'est un comble pour un démon...

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serenade of self-destruction
This is the final deceiver, this is the devil in me, expecting deeds in the making will show no final relief. Ever would we dance with the reaper. When meeting your disasterare only for a desperate fool. Will we be forever free as we unchain our souls from life forever. Another's desperation flying through the emptiness as my degradation throws me out of line.
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MessageSujet: Re: From The Ashes Of Hate [PV]   Mar 13 Mar - 17:09

La surprise, bonne ou mauvaise, se lisait sur Sa figure comme dans un livre ouvert. Simple constatation qui rejeta dans les affres de son Enfer personnel l’espoir puéril et ridicule qui avait pris naissance en son sein. Tiraillant les bribes de sa conscience depuis la fin de son supplice, et les prémices du suivant. Sans se l’avouer, une part infime d’elle-même avait en effet espéré qu’Il soit pour quelque chose dans sa résurrection. Que le manque ne se soit pas seulement fait lancinant de son côté, que la détresse ait été partagée. Juste pour apaiser l’effroyable blessure d’orgueil dont la plaie était restée aussi béante qu’au premier jour. Il lui avait porté le coup de grâce, et elle ne le supportait pas. Amour et haine n’avaient jamais cessé de se frôler, se mêlant étroitement au creux des avides ténèbres épousant les courbes de sa carcasse vide. En précipitant sa chute, la seconde était venue écraser l’autre de tout son poids. Elle L’avait maudit, encore et encore. Peu importait qu’Il le soit déjà, que cela ne serve à rien, que cela ne la soulage même pas. Elle s’était réfugiée dans sa colère pour ne pas s’effondrer, pour ne chanceler. Il avait été la cigüe et l’antidote, et si elle ne se souvenait pas des tortures endurées dans les géhennes, elle se rappelait néanmoins qu’Il n’avait pas quitté le tumulte de ses sombres pensées ne serait-ce qu’un millième de seconde. Le désir de vengeance, puissant gouvernail. Piteuses victimes empruntant désormais souvent Ses traits séduisants, vulgaires cobayes servant de brouillon pour préparer le moment où la furie se déchainerait sur sa véritable proie. Elle y était enfin cette fois, le moment tant attendu et redouté était arrivé. Et pourtant… elle se sentait démunie face à Lui, désemparée comme un vaillant soldat qui réalise soudainement que son épée n’est faite que de bois et qu’il vaudrait mieux battre immédiatement en retraite.

Le sourire ironique qui s’était glissé mécaniquement sur son visage de porcelaine disparut subitement lorsqu’Il s’approcha d’un pas, et un tremblement meurtrier électrisa son échine de part en part. Elle avait l’atroce sensation de tanguer sur un navire perdu en pleine tempête, et qu’au premier mouvement brusque, le plancher s’ouvrirait et s’effondrerait sous ses pieds. Et ça tournait, ça virait comme une barque qui se détraque. Elle se fit violence pour ne pas esquisser un mouvement de recul instinctif, Le fusillant à distance de ses émeraudes revêches pour Le dissuader de s’approcher plus avant. Elle doutait fort qu’Il puisse avoir peur d’elle, pas avec ses siècles d’ancienneté qui rendaient sa propre expérience satanique dérisoire. Or elle refusait de redevenir Son pantin, qu’Il récupère les ficelles et l’étouffe dans l’étau de Ses bras avant de la renvoyer définitivement auprès de leur maitre. Et paradoxalement, elle n’attendait que ça. Retrouver la chaleur de Sa peau capiteuse, pour réchauffer la sienne devenue irrémédiablement gelée. « Mon problème, c’est que tu es la solution. »

« - Saisissant n’est ce pas ? Que veux-tu, on n’arrête pas le progrès… »


Le venin s’échappa aisément et naturellement de ses lèvres, percutant de toute sa splendeur son diabolique détracteur. Se faire passer pour une illusion, Le pousser dans les retranchements de sa folie. C’était après tout un comble, de se trouver exactement postée à l’endroit précis où Il l’avait tuée, comme si elle venait de renaitre de ses cendres. Et c’était aussi ce qu’elle était, une enveloppe dénuée d’âme, une coquille dissimulant les pires vices. La réplique parfaite de l’humaine qu’elle avait été, mais seulement une copie. Une reproduction parfaite supposée être plus charmante et moins effrayante que la vermine grouillant sous sa chair damnée. Cette aberration de la nature dotée d’un corps difforme et de cornes qui n’étaient pas que des métaphores. Oui c’était tentant, vraiment. Disparaitre, réapparaitre. S’amuser à mettre en œuvre de sordides mises en scène pour semer le doute dans Son esprit dément. Ébranler sérieusement l’édifice de Ses certitudes. Qu’Il en vienne à ne plus pouvoir distinguer le mirage de la réalité. Retrouvant sa mobilité, elle déambula dans l’appartement sans Le quitter du regard. S’approchant d’un bibelot de grande valeur, posant ses phalanges rêches sur son contenu pour l’envoyer valser à terre avec perte et fracas. Réitérant le manège à plusieurs reprises, comme une enfant capricieuse qui provoquerait le courroux d’un adulte délibérément. Semant davantage le désordre que ce n’était déjà le cas. Se téléportant soudainement, disparaissant dans la brume avant de réapparaitre derrière Lui sans bruit. Répandant son souffle suave dans Son organe auditif, laissant planer un dangereux silence avant d’y répandre sa perfidie. Fourbes serpents effleurant sensuellement Son bras, sans pour autant réellement Le toucher. Joueuse, enjôleuse, venimeuse.

« - Comment tu me menaçais déjà autrefois ? Ah oui… ‘Je serai cette ombre qui ne cessera de te suivre.’ On dirait que j’ai décidé d’honorer ta promesse à ta place, puisque tu as eu le cran de me détruire. »


Restes de vieilles tentatives d’intimidation, du honteux harcèlement auquel Il avait pu s’adonner jusqu’à ce qu’elle capitule. Elle ne savait pas comment ils en étaient arrivés là d’ailleurs, elle avait l’impression que des siècles s’étaient écoulés depuis. La chasseuse téméraire qui refusait farouchement les avances d’un démon uniquement guidé par ses convoitises lubriques semblait loin, tellement loin maintenant. Quoi que… Elle Le contourna finalement, ses prunelles assassines retournant s’amarrer aux Siennes alors qu’elle Lui faisait face. L’encre d’une rage insatiable suintait de ses mains et elle trouva rapidement matière sur laquelle s’imprimer. La gifle partit toute seule, claquant dans l’air vif pour s’abattre froidement sur Sa joue. Elle y avait mis toute sa force, désireuse de Lui décrocher la mâchoire et de teindre sa carnation livide d’une couleur écarlate. Au point qu’elle secoua furtivement ses phalanges ensuite, désireuse d’y refaire circuler le sang.

« - Et celle-là tu l’as sentie ?! Il faut croire que tes hallucinations ont de multiples talents, non seulement elles parlent mais en plus elles frappent… Les fantômes, c’est plus ce que c’était. »


Ses rangées de nacre se serrèrent jusqu’à la rupture après ses paroles acerbes, prêtes à se pulvériser l’une l’autre dans un atroce crissement. Ses griffes se plantaient avec aigreur dans ses paumes affables, ses poings se serrant jusqu’à en faire blanchir ses articulations. Harpie se retenant péniblement de Lui sauter à la gorge, de Lui déchiqueter la trachée avec ses ongles. L’étrangler, Lui voler son oxygène jusqu’à L’entendre supplier. Elle ignorait ce qui la retenait, il suffisait de briser le faible écart les séparant pour atteindre sa cible. Il avait peut être espéré s’en sortir si facilement après l’avoir éliminée, Il avait peut être cru que la partie était terminée. Obnubilée par sa rancœur maladive, elle ne prêtait pas attention à la peine creusant l’albâtre de ses traits. Abjecte égoïste uniquement concentrée sur sa petite personne, et sur les châtiments qu’elle était susceptible de Lui infliger en représailles. L’envie d’en découdre se faisait oppressante, persistante, elle n’aspirait plus qu’à Le salir d’injures et à Le rouer de coups. Parce qu’Il avait tout gâché. Balayant sa misérable existence d’un seul geste, sans la moindre hésitation. Parce que c’était impardonnable. Parce qu’elle L’aimait encore à en crever, et que c’était ça le plus difficile à accepter.

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MessageSujet: Re: From The Ashes Of Hate [PV]   Mer 14 Mar - 18:23


A trop se perdre dans ses propres délires, il en devient vite impossible d’en déceler le faux du vrai. Voilà que je frissonnais face à ce qui, pour moi, n’était qu’une manifestation de ma conscience en pleine déroute. C’est ce que j’étais devenu depuis ce qui me paraissait être une éternité. Un être dénué de la moindre conscience, figé dans un étau de violence et de folie impossible à briser tant il était étroit. Etouffant. J’étouffais parfois. Mes nuits n’étaient que mauvais rêves et réveil en sursaut. Agitées par un trouble grandissant que j’étais incapable de calmer. J’avais joué le rôle du bourreau et du spectateur. Assistant à une scène qui, aujourd’hui encore, continue de me hanter à chaque fois que je me retrouve dans ce maudit appartement, ou lorsque je ferme les yeux. Vision d’horreur aux couleurs rutilantes, tintées du même écarlate que celui qui ronge encore mes mains. Suintant la douleur et la peine. Asséchant les larmes tant elle est devenue coutumière. Insensible, je croyais l’être devenu depuis Sa mort. Son retour chimérique venait d’ébranler une sombre partie de mon quotidien, redonnant une infime part d’humanité au néant de ma personne. Son sarcasme m’aurait fait sourire, il ne réussit qu’à me faire frissonner. Qu’à tirailler plus avant des entrailles déjà en train de se consumer par le brasier du désespoir. Si j’ai abandonné tous mes remords concernant mes tueries et autres séances de torture, celui accompagnant mon utile folie ne cesse de me poursuivre. Qu’Elle revienne, cette simple pensée est alors devenue ma seule préoccupation. Démon solitaire à présent dominé par ses envies de retrouver sa seule et unique compagne. De réparer sa trahison, qu’importe le prix à payer. La lueur brûlant dans Ses prunelles me fascinait. Emeraudes furibonds qui m’avaient manqué comme tout le reste d’ailleurs. J’aurais voulu m’approcher un peu plus, ne serait-ce que la frôler. Juste m’assurer que tout ceci ne relevait pas de la pure fantaisie. J’en étais incapable. Figé, plongé dans un immobilisme parfait quelque chose m’empêchait de franchir la distance nous séparant. Au milieu de la crainte subsistait un certain malaise. Je savais pertinemment que rien ne serait comme avant. Qu’en ayant franchi la dernière limite, les choses ne pourraient plus retrouver cet ordre qu’il avait été si difficile d’établir. Equilibre fragile à jamais réduit en cendres par la folie d’un seul. Irritation au comble de son paroxysme, mes nerfs n’étaient plus qu’un simple brasier, s’enflammant au moindre geste, au moindre mot. Cette tension me rongeait, sans cesse. Incitait la mécanique branlante nichée sous ma peau à battre uniquement pour satisfaire des envies purement démoniaques.

Je l’ai regardé déambuler dans l’appartement sans ciller. Suivant le moindre de Ses gestes tout en gardant un semblant d’impassibilité. J’avais du mal à le conserver pourtant, ce flegme. Qu’Elle détruise un peu plus lieu m’importait peu. Je l’ai laissé à l’abandon, laissant de côté ma maniaquerie ridicule à tel point qu’il m’arrivait de ne plus me reconnaître tant celui que j’étais devenu m’était inconnu. Tant mon reflet me faisait peur parfois. Horreur chimérique qui m’avait poussé à ne plus m’approcher de surface miroitante tant l’angoisse d’y croiser la pire des horreurs consumait mes veines. Ils avaient peut être réussit, tous ces chasseurs. A force de me maudire, ils étaient peut être parvenu à me damner plus que je ne pouvais déjà l’être. L’idée me fit esquisser un sombre sourire, à peine perceptible tant elle me paraissait grotesque. Maudit depuis deux siècles, il était difficile de l’être encore plus. Pas après tout ce temps. La voir disparaître d’une manière qui m’était pourtant familière me fit frissonner, même esquisser un geste de recul tant cela ne Lui correspondait. Simple mortelle dépourvue de ce genre de pouvoirs, je refusais de La voir comme une de mes semblables. Et pourtant même si une part de moi continuait de ne pas y croire, les notes de cette essence que je connaissais par cœur avaient changés. Arômes enjôleurs à présent ternit par les effluves de la mort.

« - Ce n’était pas une menace. Et j’aurai préféré ne jamais avoir le cran de commettre une telle erreur »
Figée entre irritation et douleur, ma voix oscillait sur les eaux du tourment rugissant dans mes veines. Machinerie hors d’usage depuis des semaines dont les rouages recommençaient à s’emballer, grinçant jusqu’à me rendre sourd tant l’écho était bruyant. Prunelles assassines dévorant les miennes avant qu’un nouveau fracas ne vienne s’ajouter à celui envahissant mon crâne. La force de la frappe manqua me faire chanceler, j’en esquissais un pas en arrière. Grimaçant légèrement lorsque vertèbre et mâchoire émirent de lugubres craquements. Esquissant un infime sourire malgré tout, malgré la douleur et la vague de chaleur haineuse venue se briser contre mon échine. Instinctivement mes doigts vinrent se couleur autour de ma mâchoire, remettant en place ce qu’Elle avait si délicatement déplacée. Si le doute avait continué de perdurer jusqu’à présent, il n’avait plus sa place. Puissance du geste qui avait au moins eu le mérite de me sortir de ma folie, reléguant au second plan les supputations et autres questionnements ridicules. Revenue d’entre les morts, il était évidemment que j’avais finalement réussit à la libérer de Ses geôles. J’aurais aimé ne jamais avoir à m’attribuer un tel mérite. Ne jamais avoir à dire, ni même à penser que mon âme n’était à présent plus qu’un soupir, disparue dans les limbes d’un désespoir commençant à peine à s’atténuer.

« - Ta douceur m’a toujours laissé sans voix. »
Raillerie douteuse que je regrettai d’avoir laissé filer tant elle me parut déplacé. A dire vrai, je ne savais que faire. M’excuser était inutile, rien ne pouvait pardonner mon geste j’en avais bien conscience. Agir comme si de rien n’était ? Cette idée me semblait toute aussi inappropriée que les précédentes. Regard indécent qui prit le risque de se perdre dans le Sien, de La détailler comme si je ne l’avais jamais vu. C’était le cas, Elle était différente. Semblable et pourtant si éloignée de la simple mortelle. Sublime dans Sa mort. De nouveaux frissons déchirèrent mon échine alors que je prenais le risque de briser la distance nous séparant. Main hésitante qui s’arrêta en plein vol, suspendue l’espace d’un instant dans le vide avant de frôler avec une infinie douceur le satin de Sa joue. Caresse à peine perceptible achevant de parfaire un tableau qui me rendait ivre. Ivre d’un soulagement certain, venin chaleureux envahissant l’amas de chair niché au creux de mes côtes, lui redonnant un semblant de vigueur à tel point que respirer devenait douloureux.

« - Elles sont aussi d’un réalisme saisissant. A ce stade, tu m’as l’air d’être bien réelle. »
Je m’en voulais de la futilité de mes remarques. Je m’étais enfermé pendant trop de temps dans un monde de souffrance et de violence pour agir normalement sans tomber dans le grotesque. Etre démoniaque rendu docile par le simple retour de son ultime dévotion. Sous la chaleur de Sa peau, je devinais aisément les flammes de Sa rancœur. Violence sans nom qui aurait dû me faire reculer, La craindre plus que je pouvais le faire avant Sa mort. D’une certaine manière, j’avais déjà payé ma dette. Du moins je voulais le croire, me défaire d’un poids continuant de comprimer ma poitrine. Je savais pourtant que ce n’était pas le cas. Pas à Ses yeux. Et surtout pas aux miens.

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▌Citation : « Et plus on aime fort, plus la douleur à venir sera décuplée. Tu connaîtras le manque, puis les affres de la jalousie, de l'incompréhension, la sensation de rejet et d'injustice. Tu auras froid jusque dans tes os, et ton sang fera des glaçons que tu sentiras passer sous ta peau. La mécanique de ton coeur explosera. Je t'ai moi-même greffé cette horloge, je connais parfaitement les limites de son fonctionnement. » } Mathias Malzieu.



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MessageSujet: Re: From The Ashes Of Hate [PV]   Ven 16 Mar - 12:21

Versatiles. C’est ce qu’ils avaient toujours été. Dotés d’une personnalité entièrement construite sur la dualité, oscillant en permanence d’un extrême à un autre. Détruire pour mieux reconstruire, souffrir ou faire souffrir. Défier ou plier. Evoluer ou mourir. Paradoxe malsain qui l’avait menée droit à sa perte, rétablissant l’ordre originel. Faits pour s’entretuer, quoi qu’il advienne, quoi qu’ils aient pu en dire. Au fond elle n’aurait pas du Lui en vouloir : Il n’avait fait que se laisser guider par sa nature démoniaque, réduisant en cendres une traqueuse devenue un peu trop dangereuse et insolente. A trop frôler l’ennemi, à trop se laisser emprisonner dans Ses filets meurtriers, elle y avait laissé toutes ses plumes et elle s’y était asphyxiée. Piètre chasseuse poussant le vice jusqu’à vivre dans le repaire d’un fils de Satan de plein gré, comme si se glisser dans Ses draps ne suffisait pas. C’était d’une niaiserie affligeante quand elle y songeait, et toutes leurs promesses silencieuses d’appartenance sonnaient comme de misérables inepties désormais. Créature violente ayant quitté un homme qu’elle considérait comme son égal pour retrouver celui qu’elle était résolue à faire devenir son souffre-douleur. Ancien bourreau qu’elle aspirait à mettre à ses pieds, à faire ployer sous la vigueur de ses coups pour qu’Il s’agenouille comme Il l’y avait astreinte. Prélude de ses sanglantes représailles, la gifle s’abattit avec hargne sur Sa pommette et une vile expression de satisfaction s’afficha sur ses traits de glace en entendant le craquement douteux de Sa mâchoire.

« - Ah non ce n’était pas une menace ? Quoi donc alors ? Un privilège, un traitement de faveur peut être ? » siffla t’elle avec un dédain à peine dissimulé.

Les remords se percevaient dans le son de Sa voix rauque, malmenée par les éclats de verre fictifs qui semblaient écorcher Ses lippes tentatrices. L’acier de Ses prunelles enchanteresses la fit frissonner, alors qu’elle se pliait à leur examen soutenu sans sourciller. Elle avait crevé les yeux de certains pour moins que ça, passage au scanner semblant innocent et anodin, et qui avait néanmoins toujours eu le don de la faire sortir de ses gonds. Elle en avait pourtant toujours joué, meurtrière aguerrie se plaisant à sentir l’adrénaline monter en elle chaque fois que des regards embués de désir osaient s’aventurer sur ses courbes sulfureuses. Mais Il avait été l’exception, le seul pouvant dévorer sa silhouette enjôleuse jusqu’en s’en brûler les rétines sans la faire se transformer pour autant en redoutable mante religieuse. Entorse à la règle qui s’était soldée par des conséquences désastreuses. Pierres d’émeraude se laissant aller à la même impudeur, Le poignardant comme un prédateur détaille méticuleusement sa proie avant de l’éviscérer sur place. Ses lèvres parfaitement dessinées, légèrement abîmées. L'envie soudaine de Les serrer entre ses dents, de se faire empoisonner par leur pernicieux arsenic. Le désir malsain de s’enivrer de Son essence jusqu'à en suffoquer. Honteuse attirance renaissant lentement de ses cendres écarlates, incendiant des reins qui auraient dû se briser à jamais dans leur chute. Elle avait beau la renier, chercher à la dompter, elle restait là, perfide et latente. Prête à reprendre le dessus à tout moment même si elle préférait s’ouvrir les veines pour en extraire le poison infect plutôt que de l’admettre. Tentant vainement de rester stoïque lorsqu’Il eut l’audace de s’approcher. Fronçant les sourcils en voyant Ses phalanges suspendues en plein vol, fébrilité et hésitation certaines laissant présager qu’Il n’avait pas l’intention de lui rendre sa claque. Un tremblement assassin lacéra son échine lorsque Ses doigts glissèrent avec tendresse sur sa joue, et malgré elle, elle pencha légèrement la tête pour en éprouver davantage la douceur. Un éclair de souffrance traversa fugitivement ses pupilles en le réalisant, juste avant que l’orage ne revienne s’y déchainer avec un emportement démesuré.

« - La tienne me répugne. »

Serpents irrités qui agrippèrent rudement les Siens pour les écarter, serrant et tordant les articulations jusqu’à en fracturer certaines. Refusant de lâcher en dépit de Son geste de recul instinctif. Décidée Les broyer pour qu’Il y réfléchisse à deux fois avant de recommencer. Ignorant s’Il la prenait pour une pauvre imbécile mielleuse ou si le soulagement qui semblait suinter de Ses paumes était réellement sincère. Fabuleux illusionniste qui aurait pu lui faire avaler n’importe quoi. Il la connaissait parfaitement, savait où presser pour faire mal et où appuyer pour l’apaiser. L’élue s’y serait laissée berner, abrutie de sentimentale bercée par des caresses se voulant aphrodisiaques en rejetant temporairement sa colère dans un recoin replié. Son humanité envolée, consumée dans les flammes de l’Enfer, il n’était plus question de prendre le moindre risque en se laissant aller à des suppositions d’attachement erronées. Sa main libre attrapa sèchement Sa nuque, la griffant jusqu’à en extraire d’infimes perles écarlates alors que sa bouche pernicieuse répandait son souffle amer dans Son organe auditif.

« - Aussi réelle qu’un cadavre. »

Rangées de nacre serrées qui se faufilèrent sur le lobe de Son oreille, en effleurant gentiment l’hélix avant d’y mordre férocement. Harpie furibonde relâchant subitement la cible de son courroux aussitôt après, le repoussant avec un semblant de brusquerie en arrière. N’arrivant plus à saisir Son comportement, étrange en tous points après leur dernière confrontation. Effondrement précipité qui avait été trop rapide pour qu’elle puisse se souvenir des détails, et démêler l’intention de tuer du simple malheureux accident. Elle ne se rappelait que de Son œillade meurtrière, des ténèbres flamboyantes qui y nichaient. Elle ne se rappelait que de la perversité de la frappe, et de la rage qui Le gouvernait. Amant possessif insupporté par l’idée que son ancienne épouse et sa nouvelle compagne aient pu comploter contre Lui, ou même seulement se frôler. Préférant la voir morte plutôt que de lui permettre de s’échapper. Ce qu’elle apparentait autrefois à la dévotion s’appelait à présent égoïsme voire même égocentrisme. Ce n’était pas de l’amour, juste le besoin viscéral de se sentir important au point qu’il soit impossible pour Ses partenaires de jeu d’aller voir ailleurs. Ou du moins, c’est ce dont elle s’était farouchement persuadée. Bilan lamentable lui faisant l’effet d’une lame logée en plein cœur, pulvérisant les débris de son enveloppe décharnée.

« - Qu’est ce que tu essaies de faire ? M’amadouer ? Les barbies sont en rupture de stock sur Salvation ces derniers temps, tu recycles tes jouets cassés ? »

Répliques terriblement prévisibles, bonnes à jeter dans les détritus. Mais elle voulait juste que cette comédie grotesque cesse, et que le masque avenant dont Il se parait se fracasse enfin contre le plancher putride. L’éternité s’étendait à perte de vue, et elle perdait toutefois patience devant Ses enfantillages puérils. La haine obstruait de manière bien trop invasive le cruor naviguant dans ses artères pour qu’il en soit autrement. Pression atroce se ruant jusque dans les plus infimes recoins de sa carcasse vide, gagnant du terrain à chaque inspiration, à chaque expiration. Félin tapi dans l’ombre de l’hérésie obnubilé par sa rancœur tonitruante, révulsé d’avoir pu se laisser apprivoiser si facilement. Et qu’ils en finissent bon sang, que l’un ou l’autre retourne se faire damner dans l’antre de Lucifer. Qu’ils en terminent avec ces faux-semblants, Son attitude purement hypocrite. Même si ses entrailles se retournaient rien qu’en envisageant que tous ses souvenirs d’un Nous implicite, d’une folie diablement réciproque, s’évaporent en poussière acide.

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MessageSujet: Re: From The Ashes Of Hate [PV]   Ven 16 Mar - 18:43


Résister à Ses attaques. Je savais que j’en aurais été capable, il y a quelques mois de cela. Je l’avais fait tant de fois, étouffant cette autre part de moi pour qu’elle ne prenne pas le dessus et agisse. Je les avais pourtant brisés, ces malheureuses chaînes d’acier. In capable de contrôler des nerfs aujourd’hui réduit à l’état de lames meurtrissant ma peau à chacun de mes gestes. A chaque inspiration, je les sentais se glisser un peu plus profondément dans ma chair, l’entailler pour que le souvenir de mon emportement continue de glisser dans mes veines. Que ce venin continue d’alimenter ma haine et cette colère, devenue plus puissante que jamais. Réminiscence d’un péché perdu depuis près d’un an, regagnant du terrain. Cela me donnait parfois l’impression de ne pas avoir changé, d’être le même être dénué de conscience et d’humanité. Maintenant qu’Elle se tenait devant moi, que la douleur suintait le long de ma joue, la brûlant avec tant de force que cela en devenait dérangeant, j’en étais persuadé. Je l’avais définitivement perdue. Cette part d’humanité à laquelle, malgré tout ce que je pouvais dire ou penser, je m’étais accroché pendant si longtemps. Les restes du mortel que j’avais pu être avaient disparu, réduit en cendres par un second pacte signé avec le Diable pour La retrouver. Rejoindre les flammes des Enfers aurait aussi été une solution, j’avoue y avoir songé, à plusieurs reprises quand la douleur se faisait trop forte. Les violentes vagues d’angoisses qui m’assaillirent à chaque fois que je me laissais aller à de telles suppositions calmèrent mes ardeurs. Dix ans c’étaient écoulés depuis ma libération de cette prison, et pourtant je continuais de frissonner à chaque évocation. Crainte étouffante qui m’avait conduit à renoncer aux derniers morceaux d’humanité survivant dans les tréfonds de ma carcasse. Retrouvailles placées sous le signe de la rancœur et de la violence. Les bonnes habitudes ne se perdent pas, à croire que chez nous elles gagnaient en puissance à mesure que le temps passait. Joueurs capricieux et malsains incapables d’oublier ne serait-ce que pour une journée leur personnalité destructrice. Les choses auraient été trop faciles s’il en avait été ainsi.

« - Crois-moi si cela avait été une menace j’aurais choisi d’autres mots et une autre manière pour le dire »
Lâchais-je après un court instant de silence. Entrer dans Son jeu, malgré toute ma bonne foi, si j’en possédais encore une, j’avais du mal à ne pas le faire. Elle y mettait tellement d’ardeur, que de rester de marbre face un tel comportement m’était difficile. Une autre qu’elle aurait déjà payé son ton dédaigneux et ses remarques grotesques. Et malgré tout le tourment qui réduisait mes entrailles en cendres, j’étais incapable d’agir librement. Partagé entre l’envie de La faire taire, qu’Elle cesse de m’accabler, et celle de me complaire en excuses. La première solution détruirait plus que je n’ai déjà pu le faire les restes piétinés d’un Nous trop fragile. La seconde ne servirait à rien, j’en étais persuadé. Je la connaissais suffisamment pour savoir que les excuses ne lui avaient jamais convenu. Confiance en un être damné depuis des siècles à présent disparue, et difficile à retrouver. J’en avais conscience. Et cela représentait une pierre de plus, venant se poser sur l’édifice de ma honte et de ma stupidité. Je serrais les dents, lorsque Ses doigts agrippèrent les miens. Me mordant la langue jusqu’à ce qu’un goût de fer et de cendres ne vienne se glisser sur cette dernière. Geste de recul salvateur qui ne m’apporta qu’une grimace de douleur, mes articulations hurlant leur peine sans recevoir la moindre assistance. Je m’étais figé, mes muscles se crispant d’un seul coup lorsqu’Elle malmena ma nuque. Je l’avais souhaité pourtant, cette proximité enivrante. Je la redoutais aussi. Paradoxe déjà présent bien avant Sa mort, il se trouvait renforcé par Sa nouvelle Essence. Je retins mon souffle lorsque le Sien frôla ma peau. Je me surpris même à frissonner, d’un délicieux mélange de plaisir et de crainte. Méfiance à toute épreuve trouvant tout de même le moyen de se retrouver effacée pendant quelques secondes par un désir impérieux. Reins morts depuis des semaines qui recommençaient à brûler pour la Seule qui le méritait. Vie débauche d’un libertin compulsif laissée de côté, utilisée que lorsque cela menait à la mort de la séduite. Manière d’agir ressemblant d’une certaine manière, à celle dont Elle pouvait usée. Je n’aurais jamais cru en arriver là, ne plus chercher quelconque compagnie tant elle pouvait me révulser. La tuer avait suffi à anéantir tout le reste. La pièce maîtresse de mon existence disparue, le reste s’était aussi envolé.

Le râle douleur suivant Sa morsure s’échappa de mes lèvres avant même que je n’ai le temps de chercher à l’étouffer. Je l’avais laissé me repoussé sans chercher à l’en empêcher, Lui jetant au passage une œillade assassine. Eclipsant pendant un bref instant toutes les traces d’un bonheur évident et d’une tristesse douloureuse. Je la toisais un instant, mes doigts effleurant ma nuque pour faire disparaître les traces sanglantes qui pouvaient encore s’y trouver. Serpents tâchés d’écarlates que je regardais pendant un instant avec appréhension, contenant avec peine les tremblements qui agitaient ma main. Mon cœur eut un léger raté, reprenant sa course silencieuse en constatant que rien d’anormal n’était venu se glisser dans la scène. Mes hallucinations, trop réelles pour en être vraiment me rendaient fou. Ses remarques titillèrent un peu plus mon agacement, forçant la Bête à tirer un peu plus sur ses chaînes. Elles craquèrent, manquant se rompre sous le coup, m’obligeant même à esquisser un pas en arrière tant la crainte de m’emporter à nouveau me rongeait les sangs.

« - Qu’est-ce que tu espères ? Que je me jette à tes pieds et te supplie de me pardonner ? C’est ça que tu veux ? »
Ma colère avait pris le dessus, surpassant mes bonnes intentions et le trouble provoqué par Son retour. Quelques questions et la mécanique s’était emballée. Les engrenages s’entrechoquant avec tant de force que le prisonnier de mes cotes se mit à frapper avec plus de force contre les barreaux de sa prison. L’adrénaline, elle était revenue se glisser dans mes veines. Envahissant ma carcasse vide comme elle avait pu le faire un peu plus tôt, alors que je prenais plaisir à détruire toute une famille. Admirant sans le moindre remord la chute de toutes mes limites, la destruction de mes souvenirs. Enfance brisée m’ayant fait jurée de ne jamais m’en prendre à un enfant. Je venais de rompre ma promesse, comme toutes celles que j’avais pu faire d’ailleurs. Dans un élan de frustration j’envoyais valser quelques livres se trouvant sur l’étagère à côté de moi, préférant continuer à détruire mon intérieur plutôt que de m’en reprendre à Elle.

« - Ou tu préfères le faire toi-même ? Echanger les rôles et me faire payer mon emportement ? Quoi de plus logique après »
Au milieu de la véracité de ces mots étaient venue se glisser la glace de l’ironie. Je lui faisais à nouveau face, mon regard se perdant une fois de plus dans le Sien quitte à le regretter. Défiant les flammes dansant dans Ses émeraudes. Défiant la colère qui grouillait sous Sa peau. Agir plutôt que se cacher derrière des mots, déplacer les pions jusqu’à ce qu’ils s’entrechoquent et se détruisent, c’était peut-être là la meilleure solution pour effacer certaines ombres.

« - Manque de chance pour toi, j’ai déjà payé ma dette. »
Un murmure à peine perceptible, venu briser le silence. Sonnant comme un mensonge à mes oreilles. Et comme lourde vérité dont les conséquences me hantaient à présent. Tachaient mes mains d’un sang que je pourrais jamais plus effacer.

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MessageSujet: Re: From The Ashes Of Hate [PV]   Sam 17 Mar - 17:34

Qu’Il se jette à ses pieds et la supplie… C’était tentant, elle ne doutait pas que son ego malmené y trouverait là une certaine forme de satisfaction, voire une vague réparation. Marque de faiblesse qui serait toutefois reçue avec dédain et loin d’être prise au sérieux. Elle n’y verrait pas les traces de la culpabilité dévorante d’un homme ayant commis une terrible erreur, seulement la fragilité d’un démon ayant perdu de sa puissance au point de trembler devant une nouvelle recrue de Satan. Démolition de la prison l’ayant réduite à l’esclavage qui n’avait pas du arranger Ses affaires. Expliquant sans doute l’épuisement et la lassitude creusant Ses traits au point que la balafre sur Sa joue ressemblait désormais plus à une entaille creusée au couteau qu’à une fossette. Oui il ne devait certainement s’agir que de ça, de la fierté bafouée d’un succube ayant perdu son terrain de jeu préféré. Ses cachots putrides et sa suite royale. Il n’y avait finalement rien, absolument rien, susceptible de laver le sang maculant Ses mains. Pas après tout ce qu’Il lui avait endurer, les mots seraient insuffisants pour en dépeindre l’horreur abominable. Notes lancinantes résonnant amèrement au creux du néant, susurrant cruellement que rien ne serait plus jamais comme avant. Les débris de verre l’avaient réduite en miettes, et il ne restait plus que son spectre pour crier justice. Sombre fantôme se dressant fièrement devant son sublime détracteur, L’incendiant de toute sa hargne, avec toute sa force. Rien de plus qu’une vulgaire chimère, une carcasse vide envoyée depuis l’Enfer afin de Le blâmer pour son atroce crime. Autrefois elle existait pour Lui, pour Elle… désormais, elle ne savait plus. Pourquoi elle respirait, pourquoi la machinerie infernale logée entre ses côtes s’obstinait à entretenir des vaines illusions alors que personne n’était dupe : ce n’était plus que de la ferraille. On finit par ne plus aimer rien quand le manque nous broie.

« - Pourquoi pas, tu pourrais commencer par ça. »


Railleries énoncées sur le ton de la plaisanterie alors qu’elle n’en finissait plus de Le fusiller du regard, frémissante de rage. La distance mise entre eux lui faisait affreusement mal toutefois. L’amenant à se sentir comme une droguée en manque de sa dose d’héroïne. Le froid polaire régnant dans la pièce lui mordait la peau, se transformant en vive brûlure à chaque contact. Comme s’Il lançait du sel et de l’acide sur ses plaies ouvertes rien qu’en se tenant si dangereusement proche. Et pourtant elle préférait ça aux crocs d’acier qui se plantaient dans ses membres sous les assauts de la brise glaciale qui s’engouffrait à l’intérieur. C’était une chose qui la mettait au supplice depuis qu’on l’avait extirpée des géhennes, s’échinant à l’accabler. Peut être qu’elle avait seulement envie de gestuelle, sentir un semblant de vie contre la sienne. Tous ces mots, tous ces reproches, qui lui brûlaient la langue et qu’elle rêvait de Lui lancer à la gueule. Elle les retenait, laborieusement, de peur de craquer et de Lui prouver qu’il comptait encore. Se raccrochant à sa haine comme on s’agrippe aux parois du précipice dans lequel on a glissé, pour ne pas sombrer. Il était là, à faire comme si rien ne s’était passé, ou rien de grave en tout cas. Lui reprochant de surcroit de ne pas participer à cette comédie grotesque.

« - Et toi qu’est ce que tu espères ? Que je vais passer l’éponge sans broncher ? Remarque on se demande pourquoi je fais tant d’histoires, ce n’est pas comme si tu m’avais fait souffrir mille morts. »
persifla t’elle, une ironie venimeuse suintant de ses lèvres assassines.

De toutes Ses trahisons, de toutes celles qui avaient sur elle l’effet de coups de poignards dans le ventre tant elles avaient été dures à encaisser. De toutes celles qui l’avaient poussée à la fuite des jours et des jours entiers tant son orgueil en avait été éraflé et son âme souillée. De toutes ces bavures dénoncées à s’en briser la voix, aucune, non aucune n’atteignait à la cheville Sa dernière en date. Milliards de sévices endurés pendant ce qui lui avait paru durer des siècles et des siècles, effroyables et interminables. Cerbères et ses sbires semblaient la guetter à chaque coin de rue. Lucifer et ses ombres la poursuivaient jusque dans ses songes. Forcée de déambuler dans un monde qu’elle exécrait, parce qu’il n’était pas tel qu’elle aurait voulu qu’il soit. Il ne l’avait pas damnée, un autre s’en était chargé. Elle aurait terminé ainsi de toute manière, la nuque brisée et le reste qui se consume dans des flammes sempiternelles. Mais c’était Lui qui l’y avait condamnée, et elle ne pouvait plus songer à une torture sans qu’elle porte Son nom.

Murmures à peine audibles qui se frayèrent péniblement un chemin jusqu’à son esprit détraqué, déchirant son échine d’un tremblement carnassier. Ses émeraudes s’étaient agrandies de stupeur et ses dents se serrèrent dans un désagréable crissement. Voilà qu’Il lui volait maintenant sa vengeance, estimant qu’ils étaient quittes. La colère virevoltait dans ses prunelles, se nourrissant du cruor obstruant ses veines corrompues à l’excès pour animer son corps mort. Elle l’avait entendu cet infâme et odieux craquement. Annonciateur du morcellement de la chaine métallique qui retenait jusqu’ici laborieusement les brides de l’animal sauvage tapi en elle. Le forcené dans sa poitrine frappait avec véhémence contre ses barreaux de chair, tentant d’empêcher sa maitresse infernale de commettre l’irréparable. Ses rétines adoptèrent subitement la couleur des ténèbres tandis qu’elle s’avançait avec un air menaçant.

« - Je te demande pardon, je deviens sourde d’oreille avec l’âge… tu sais ce que c’est. Déjà payé ta dette tu as dit ? »


Murmures hachés, énoncés d’une voix rauque montrant combien elle contenait difficilement sa fureur. Œillade meurtrière qui se faufila rapidement d’un coin à l’autre de la pièce, avant de s’arrêter net sur l’objet en fer dormant près de la cheminée à moitié en activité près d’elle. Tisonnier encore brûlant dont elle s’empara sans crier gare, esquissant quelques pas vers la cible de son courroux. S’approchant jusqu’à ce qu’Il soit à sa portée, et que ses phalanges libres puissent serrer avec violence Sa jugulaire. Envoyant Sa nuque se fracasser contre l’un des maudits poteaux d’acier parsemant le salon sans la moindre once de douceur avant de glisser avec lui sur le plancher poussiéreux. Son genou droit se glissa sur l’une de Ses cuisses, s’y appuyant de tout son poids comme si cela pourrait suffire à L’empêcher de s’échapper quand Il sortirait de la fugace inconscience ayant précédé Sa chute. Le crochet incandescent qu’elle tenait fermement alla se planter dans Sa clavicule, traçant sur Sa carnation livide une sphère à la teinte charbonneuse. Boursouflure certainement terriblement douloureuse qui se prolongea légèrement tandis qu’elle déplaçait la tige vers l’ouverture de Sa chemise. Hésitant à maltraiter l’armure fragile de Son thorax jusqu’à en extraire l’organe y battant furieusement. Arracher des myocardes de leur coffre écarlate… elle s’y était amusée à plusieurs reprises récemment, délestant leurs propriétaires d’une masse inutile. Vile tortionnaire au cœur détruit, passant ses nerfs sur les indignes créatures en possédant un encore intact. Elle s’en prenait désormais régulièrement à des couples misérables, tyrannisant l’un ou l’une devant sa moitié ligotée et impuissante. Le pire, c’est qu’une part d’elle avait quasiment l’impression de leur rendre service : ils gagnaient du temps ainsi, et s’évitaient de biens plus terribles tourments. Machine superflue et encombrante qui ne servait qu’à distiller de l’arsenic, si subtilement que lorsqu’on s’en apercevait, il était trop tard pour éviter la sinistre infection.

« - Après tout, pourquoi tu ne subirais pas le même sort que le mien ? Œil pour œil… »

Phalanges funestes déboutonnant plus avant le tissu recouvrant Son torse par pure provocation avant de s’arrêter pour Le défier de ses pupilles orageuses. Incapable d’aller jusqu’au bout de sa douteuse manœuvre, d’envisager sérieusement Sa perte. Attachement coriace profondément ancré en elle, quoi qu’il advienne.


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MessageSujet: Re: From The Ashes Of Hate [PV]   Dim 18 Mar - 12:14


Incapable d’oublier, je doute qu’Elle puisse en faire autant. Rongé par la culpabilité et une affreuse rancœur envers moi-même, il a été plus facile de laisser le démon prendre le dessus. De tout détruire sur son passage plutôt que de tenter de le contenir. Je n’avais plus tenté l’expérience, libéré à la suite de cette affreuse journée, revenir en arrière était bien trop ardu pour que je ne tente quoi que ce soit. Je ne Lui en demandais pas tant. En voulant La ramener, une part de moi savait très bien que rien ne serait comme avant. Que pour combler la brèche que j’avais moi-même creusée, il faudrait du temps. Trois années, détruites d’un seul coup. Château de carte difficilement construit à présent réduits en cendres par la folie d’un seul. Rongé par la culpabilité et la solitude. D’une certaine manière j’avais l’impression d’être revenu deux siècles en arrière, de retrouver le mortel que je fus après avoir perdu Sally. Ou du moins d’en retrouver une infime partie, celle qui l’avait poussé à s’éloigner du reste du monde. Intensifiant la force de la partie ayant forgé le monstre rugissant dans les ténèbres de mes entrailles. Ses premières réponses me firent esquisser un léger sourire, glacial. Multiples trahisons revenant sur le tapis, même maintenant. Alourdissant encore un peu plus la pierre menaçant d’écraser pour de bon mon misérable myocarde. Mécanique infernale qui s’ébranla l’espace d’un instant, rugissant avec tant de force que cela me surpris. Cette agitation après une si longue période de calme me dérangeait, j’avais fini par m’habituer à cet étrange silence, à peine troublé par un battement plus forts que les autres.

Immobile face à la tempête. L’envie d’esquisser un nouveau geste de recul revint se fracasser contre mon crâne, hurlante si fort qu’il me fut difficile de ne pas l’écouter. Fracas d’un jumeau resté silencieux pendant trop longtemps qui se fit plus fort à mesure qu’Elle se rapprochait. Je L’avais provoqué, cherchant sans le vouloir à libérer Sa haine avec le fol espoir de la voir s’atténuer une fois les méfaits accompli. Que Sa vengeance me brise, je m’en fichais totalement. J’étais prêt à me damner à nouveau pour Elle, cela n’avait pas changé. Bien que je me demandais ce que l’Enfer aurait de différent. Damné plus que jamais même hors des géhennes. Les tourments que je connaissais à présents seraient peut-être plus intenses, et encore parfois il m’arrivait d’en douter. Je n’eus ni le temps de répliquer, ni de riposter, Ses doigts m’écrouaient déjà. Instinct misérable qui poussa mes doigts à venir se saisir de Son poignet, le serrant avec force dans l’espoir de La voir lâcher. Conviction bien vite réduite à néant lorsque le froid de l’acier vint se briser contre ma nuque. La douleur qui me vrilla le crâne m’obligea à serrer les dents, pour ne pas laisser s’échapper à râle de douleur. Pour ne pas sombrer totalement dans l’inconscience. Mon absence ne dura que quelques secondes, le temps d’une chute. Le temps d’être réduit à l’état de vulgaire pantin, pris dans les filets de sa propre marionnettiste bien décidé à détruit sa création. Le retour à la réalité fut brutal, violent. Mes doigts contre Sa peau se firent plus pressants. J’en avais envie, de Lui briser le poignet. De détruire la moindre de Ses phalanges jusqu’à ce qu’Elle soit incapable d’agir à nouveau. Pulsions assassines venant se fracasser contre reins, enclenchant la machine de ma sanglante folie. Briser Sa main pour que la sensation de brûlure ne cesse. Mes dents se serrèrent avec tant de force que je craignais de les voir de briser, le sang venant se glisser sur ma langue tandis que je Lui lançais un regard aussi sombre que le Sien. Prunelles démoniaques se reflétant dans les Siennes, les incendiant de toutes leurs souffrances et leur colère. L’accabler de la même manière dont Elle s’employait à le faire depuis Son retour.

Partenaires de jeu qui se retrouvaient à armes égales. Pourvus des mêmes capacités et des mêmes faiblesses. Ces dernières n’avaient pas changé, même si Elle s’employait à me prouver le contraire. Du moins l’espérais-je. Sous la menace, la machine infernale niché sous mes côtes se mit à frapper avec hargne, hurlant aux oreilles sourdes de Sa tortionnaire de cesser. Traître craignant de ne plus pouvoir jouer sa misérable mélodie même s’il avait décidé de le faire en silence depuis quelques temps. Je fus contraint de fermer les yeux, baissant légèrement la tête, je lâchais Son bras alors qu’Elle défaisait les boutons de ma chemise. Dévoré par la chaleur glissant sur ma peau, j’avais l’affreuse impression que mon crâne allait imploser. Tiraillé par la douleur, j’avais pourtant l’impression d’être en vie. Comme lorsque j’étais la vie. Carcasse vide retrouvant un semblant d’unicité que lorsqu’elle souffrait ou faisait souffrir. Le pathétique de la chose tira un peu plus mes traits, y dessinant un instant l’ombre d’un amusement morbide avant de s’effacer.

« - Je l’ai déjà subis, et ton petit séjour en Enfer n’est rien en comparaison du mien »
Sifflais-je en relevant la tête, La toisant à nouveau alors que mes doigts venaient s’enrouler autour des Siens, les empêchant de continuer leur basse besogne. Je réduisais alors la distance nous séparant, éloignement à présent infime, suffisant pour que je prenne le risque d’effleurer Sa peau. Mes lèvres se perdirent un instant le long de la courbe de Sa mâchoire, la touchant à peine avant d’achever leur exploration près des Siennes. Contact à peine perceptible qui me violemment frissonner, mes reins se brisèrent sous la provocation. Masochiste continuant Son œuvre, forçant la main tenant le métal ardent à descendre un peu plus. A ronger l’enveloppe fragile protégeant l’amas de chair empli de panique. Folie douloureuse qui réussit à me faire esquisser une légère grimace d’affliction. Mon autre vint se glisser sur Sa nuque, l’agrippant au même titre que quelques mèches de Sa chevelure alors que mes hanches venaient de briser contre les Siennes, l’obligeant à basculer en arrière pour que Ses reins viennent durement s’écraser contre le sol. Je repris mon exploration, l’achevant alors près de Son oreille, laissant mon souffle effleurer Sa peau avant de prendre la parole.

« - Je vais répéter alors, puisqu’il semblerait que tu es perdue ton ouïe excellente : j’ai payé ma dette. Je continue de le faire d’ailleurs »
Murmurais-je, mordant la chair fragile de Son oreille avant de déposer un infime baiser sur Ses lèvres. Pour en éprouver la saveur, retrouver une autre part d’Elle qui m’avait cruellement manqué. J’en avais besoin, de ces contacts. De laisser ma peau se brûler contre la Sienne, dans l’espoir de la voir se réchauffer. Intermède qui prit fin lorsqu’une nouvelle vague de rancœur vint se briser contre ma peau, m’obligeant à me relever en hâte non sans avoir pris le récupérer Son arme de fortune et d’envoyer valser Sa main contre le sol sans la moindre douceur.

« - Je n’espère rien Satyne, encore moins que tu passes l’éponges comme tu dis. J’ai tué des chasseurs, leurs femmes et parfois même leurs enfants pour que tu reviennes. J’ai supplié Satan de détruire mon âme en échange de la tienne… »
Mon calme venait de s’envoler en fumée, brisé par la frustration teintant ma voix. Colère sans nom se déversant sur Elle alors qu’Elle ne lui était pas destinée. Accablé depuis trop longtemps par ma propre peine, je venais de trouver un moyen de la déverser sur quelqu’un d’autre.

« - J’étais prêt à retourner en Enfer pour toi. J’ai renoncé à la dernière chose qui m’en éloignait. Je suis mort, pour toi. »
L’amertume me brûlait la langue. L’acier de mes prunelles repris sa place, abandonnant un instant la noirceur des Siennes pour jeter un bref regard à la peau malmenée de mon torse. Il ne s’y trouvait qu’une traînée rougeâtre commençant déjà à disparaitre. Rien de plus. Le tison à présent hors d’usage acheva son existence sur le plancher, plus loin dans la pièce dans un bruit sourd qui flotta un long moment dans le silence régnant dans les lieux.


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MessageSujet: Re: From The Ashes Of Hate [PV]   Lun 19 Mar - 17:07

Elle avait presque reproduit fidèlement les mêmes gestes que les Siens. Le fer, la chute, le plancher. La haine et ses tragiques répercussions. Il manquait juste la table en verre, et le cadavre qui se noie dans son propre sang. Elle pourrait bien le défenestrer, que le résultat resterait toujours identique : Il se relèverait, encore et encore. Machine aux rouages diaboliques condamnée à l’immortalité. Et désormais, ils partageaient ce cadeau empoisonné. Mais il restait néanmoins une chose intacte : la souffrance. Insatiable, permanente, inépuisable. Fléau continuant de la broyer, s’échappant de sa nuque pour venir salir Son torse. Filons vermeilles qu’Il ne distinguait certainement pas, mais qui suintaient pourtant de manière chimérique le long de sa gorge. Elle continuait de se vider de son cruor, litre par litre, et rien ne semblait pouvoir faire cesser l’hémorragie. Sentant toujours Ses phalanges l’étouffer, laminer ses vertèbres cervicales pour l’oppresser davantage. Strangulation infernale précédant l’effondrement d’un empire bâti sur des ruines. C’était la fin de tout, la fin de ce monde décadent construit au fil de trois années. Il avait suffit d’un faux pas, un seul, pour retourner en arrière. Pour redevenir la chasseuse effrontée qui s’amuse à tirailler les nerfs d’un démon libertin peu accoutumé à ce qu’on lui résiste. Pour revenir sur ce choix initial : mettre un terme radical à son insolence, ou se laisser prendre à ce jeu malsain, doser les flatteries et les diatribes. Les provocations étaient devenues monnaie courante, finissant par servir de prétexte pour se croiser et se frôler. Il aurait aisément pu la réduire en cendres à l’époque, la détruire et se consoler avec une potiche à la plastique plus enjôleuse et docile que la sienne. Voire même tomber sur l’une de ces traqueuses qui se disent farouches et résistantes, et qui terminent entre les draps de l’ennemi au bout d’un laps de temps ridiculement court. Le genre d’écervelée parfaitement susceptible de combler Ses envies de sauvagerie, sans pour autant Le froisser. Mais Il avait préféré mettre Son ego de côté, apposant jour après jour une pierre à cet édifice imposant et monstrueux qu’ils construisaient. La tornade avait tout balayé, réduisant à néant tous leurs efforts en ne laissant que de vulgaires décombres. Enveloppe frêle gisant toujours sous les débris, écrasée par les vestiges d’une passion insalubre et interdite.

Elle en avait conscience, que son séjour en Enfer avait été dérisoire en comparaison du Sien, qu’il était inespéré d’en avoir réchappé si vite. Mais cela n’enlevait rien à la vivacité des brûlures lacérant sa carcasse vide, ça n’atténuait en rien la douleur d’avoir perdu. Ni cette faim terrible et vorace qui se creusait au fond de ses entrailles. Ce manque impossible à combler, teinté d’une amertume lancinante à souhait. Elle aurait beau entretenir l’illusion insensée que l’adrénaline de la débauche et de ses crimes suffisait, Il continuait de la hanter. Autruche aux yeux remplis de sable préférant se persuader que seule sa vengeance l’obnubilait, et qu’une fois qu’Il aurait suffisamment payé pour Son infâme traitrise, elle le laisserait disparaitre dans l’antre du Diable sans une once de regret. Malgré elle, ses phalanges hésitaient. Calciner Sa chair plus avant ou s’évaporer dans les ténèbres et revenir Le persécuter au moment où Il s’y attendrait le moins. Manque de conviction dont il profita, nouant Ses doigts à leurs jumeaux pour l’empêcher de poursuivre son odieux manège. Elle en frissonna, cherchant à se reculer dans un mouvement de défense mécanique avant de s’arrêter net lorsque Son souffle se mêla au sien. Savourant sans le vouloir le trajet perfide de Ses lippes tentatrices, retenant sa respiration par peur de retrouver la chaleur funèbre des géhennes au premier geste brusque. Délice teinté de supplice trop délectable pour être réel. Poupée de cire soudainement calme qui ne broncha pas lorsqu’Il l’obligea à tracer un sillon de feu plus marqué, l’ombre d’un sourire moqueur se dessinant devant tant de masochisme. Reins hors d’usage depuis des semaines et des semaines qui se calcinèrent violemment lorsque les vils serpents agrippèrent ses boucles ambrées et que Son bassin se fracassa contre le sien. Fourbe suffisamment habile pour la faire tomber en arrière et inverser leurs rapports de force. Furie passant du rôle de la dominatrice à celui de la soumise sans la moindre gêne, tandis que ses sombres prunelles retrouvaient leurs nuances d’émeraude naturelles. Un râle de mécontentement se fit toutefois entendre lorsqu’elle toucha rudement le sol. Position inconfortable qui lui fit esquisser une vaine tentative pour s’en dégager avant d’y renoncer.

Exploration lente et douloureuse qui la rendait littéralement folle, éraflant ses nerfs à vif. Semblant d’hypnose qui trouva cependant sa limite lorsqu’Il réitéra Son intolérable affirmation. Prunelles orageuses qui ne se firent pas prier pour Le fusiller avec hargne, ses jambes recommençant à s’agiter pour se dégager de leur prison de fortune. Lâchant un soupir d’agacement, teinté d’un plaisir inavoué, lorsqu’il mordilla son oreille avant de poser un baiser furtif sur ses lèvres abimées. Quelques minuscules secondes, un vague effleurement, bref, rien. Et néanmoins assez pour qu’elle soit subitement ravagée par la frustration de ne pas pouvoir céder à ses pulsions lascives sans avoir l’impression de capituler face à l’ennemi. Incapable de retenir un juron lorsqu’Il acheva de lui dérober le tisonnier avant d’envoyer son poignet valser durement contre le parquet. Elle se redressa sur ses deux coudes, Le toisant avec tout le mépris dont elle disposait en réserve. S’apprêtant à L’incendier avec son cynisme habituel lorsque Ses révélations vinrent vriller ses tympans. Marques d’un attachement puissant et inébranlable incroyablement admirables qui lui cisaillèrent d’un trait sec les cordes vocales, l’empêchant de rétorquer quoi que ce soit. Elle resta stupéfaite, n’ayant pas vue venir de telles déclarations et encore moins l’impact qui se répercuta sur le forcené nichant dans sa poitrine. Il avait toujours su quoi dire, quoi faire, pour faire fondre l’armure de givre recouvrant son misérable palpitant. De là à avaler ça… Brume de comportements contradictoires l’empêchant d’y voir clair. Muette, elle sursauta quand Il lança le morceau de métal en travers de la pièce. Vacarme assourdissant apte à la faire sortir de sa léthargie. L’amenant à se relever pour faire mourir la distance les séparant, laissant cependant son fantôme danser entre eux.

« - Putain à qui tu vas faire croire ça ? Ça fait un peu beaucoup de ‘pour toi’ pour un sale égoïste de ton espèce, t'as pas l'impression toi ?! »


Ton rêche et cassant plus utilisé pour faire bonne figure qu’autre chose. Créature bornée refusant de boire Ses paroles comme une parfaite imbécile alors qu’Il n’avait aucun élément tangible pour appuyer ce qu’Il avançait.

« - Et quand bien même, alors tu as perdu ton âme en vain. Satyne est morte, et tout ce qu’il te reste c’est des souvenirs putrides et les restes de ses cendres sur ton plancher, que t’as même pas été foutu de nettoyer correctement. »


Accusations presque hurlées, cruelles à admettre tant elles étaient maculées de vérité. L’humaine était décédée, ne restait que la pourriture. Sifflements énonçant des mensonges et des vérités à la fois, le paradoxe dans toute leur splendeur. Sans crier gare, ses mains se glissèrent brusquement contre Son cou, L’approchant avec une rage qu’elle ne chercha plus à contenir. Hanches sulfureuses se percutant contre les Siennes sans aucune douceur, instaurant une étroite proximité. Bouche sulfureuse venant dévorer avidement, férocement, celle de son partenaire privilégié. En redécouvrant l’arsenic acide avec une honteuse satisfaction. Forçant Sa barrière de nacre fiévreusement et brutalement, mêlant sa langue à la Sienne un instant avant de la mordre jusqu’au sang. La tendresse n’avait pas sa place dans un tel échange, du moins du côté de la harpie. Ses griffes renforcèrent leur prise, L’empêchant de s’éloigner et d’interrompre ce qui ressemblait davantage à une épreuve d’apnée qu’à un désir de retrouvailles charnelles. Convoitise lubrique qui existait pourtant, tapie en elle même en tentant de le nier. Elle se recula finalement légèrement, maltraitant une dernière fois la peau fragile de Ses lèvres avant de lui jeter une œillade se voulant glaciale.

« - Tu vois… Même ce qui t’était exclusivement réservé n’est plus qu’un leurre. Ce qui s’apparentait à la dévotion s’appelle désormais perversion. »


Elle aurait voulu le croire, et le penser. Qu’Il ne représente plus qu’un amant comme un autre, dont elle ressentait le besoin viscéral de se rapprocher uniquement par pure luxure et amour du vice. Mais il n’y avait rien de plus faux.

« - Je ne ressens plus rien, tu peux m’arracher le cœur une nouvelle fois si ça te chante, ce n’est plus que de la ferraille. »
souffla t’elle avec arrogance.

Le blesser, si du moins elle en était capable. Lui faire mal, avec toutes les armes dont elle disposait en sa possession, qu’elles soient matérielles ou psychologiques.

« - D’ailleurs tu as autre chose qui m’appartient… »


La paume de sa main tendue devant elle, elle semblait attendre son dû. Objet de valeur égaré au cours de leur dernier affrontement, suffisamment résistant pour ne pas avoir été détruit par son immolation.

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MessageSujet: Re: From The Ashes Of Hate [PV]   Mar 20 Mar - 19:36


Tu n’y croyais pas il y a encore quelques heures. Tu pensais ne jamais avoir à faire tout ce que tu as fait. Comment te croirait-elle ? Après tout, tu continues de ne pas y croire, de penser que c’est un autre qui a agi à ta place. Debout face à Elle, je me sentais chanceler, pris de vertige alors que cette maudite voix m’assaillait. Prisonnier de ma propre conscience, ou du moins ce qu’il en restait. Briser des promesses faites un enfant, se noyer encore plus dans sa noirceur. Continuer d’agir comme un parfait monstre sans en éprouver le moindre remord. J’espérais encore parfois, que je n’ai pas été celui ayant accompli autant d’horreur en si peu temps. Celui qui a éprouvé un violent plaisir à agir comme il l’a fait. J’en frissonne encore rien qu’en y repensant. Fourmillement d’un plaisir coupable et malsain continuant de ronger mes os jusqu’à la moelle. Je le referais, sans hésiter. J’en détruirais plus si cela pouvait La faire revenir plus vite. Absence atrocement pesante, hantant mes jours et teintant mes nuits d’écarlates et de visions d’horreur. Plongeant mon être dans un tel état de frustration que l’air me manquait parfois. Retrouvailles à peine suffisante pour combler le vide venu se glisser sous ma peau. Effleurements d’un instant agrandissant pourtant le gouffre que j’ai moi-même creusé. Une punition supplémentaire, en L’approchant je venais de renforcer cette détestable culpabilité, de rendre le sang tachant Sa peau encore plus difficile à effacer. Je m’étais condamné à vivre un Enfer, dès le début mon existence n’avait été qu’une suite de misères.

Un entrelacs d’horreur, s’amoncelant les unes sur les autres pour s’unir, pour devenir indestructibles. Il m’avait fallu du temps avant de m’en rendre compte, voilà que l’évidence me frappait de toute sa force. Maintenant que ce qui m’apparaissait comme une évidente faiblesse, devenait ma force. Ereinté jusque dans le moindre fil de ma chair, là où la souffrance se fait plus violente. Détruire était devenu une sorte de jeu, une mécanique bien réglée impossible à détérioré, les rouages avaient fini par rouiller. Continuant de fonctionner avec une certaine aisance malgré leur état de détérioration. J’avais au moins réussi à calmer l’orage dévorant Ses prunelles pendant un instant. La surprise que je pu y lire me fit frissonner, l’ombre d’un sourire cherchant à venir se glisser sur mes lèvres sans y parvenir. Je venais d’apposer la carte dissimulée dans ma manche, en usant comme un parfait amateur. Enoncer une vérité sans pouvoir la démontrer. J’aurais aimé pouvoir Lui prouver la véracité de mes dires. Qu’Elle constate par elle-même les ravages que peuvent engendrer la destruction d’une âme. Moi qui pensais que la perdre était une chose atroce, j’avais réussi à trouver pire. Assassin et voleur, j’avais dérobé à ma première victime son misérable journal. Carnet d’adresse d’un inconscient livrant sur un plateau d’argent le nom de certains de ses associés. Noms griffonnés à la hâte à présent dissimulé sous des traînées écarlates. Effacés du sang de leur propriétaire. J’avais pris un malin plaisir à parcourir cette liste, tremblant de plaisir lorsque les pages s’imbibaient d’hémoglobine. Recueil précieusement conservé sous une pile d’autres ouvrages. Preuve d’un de mes premiers méfaits qu’il serait facile de Lui montrer.

Les répliques vinrent se heurter contre mes dents, prêtes à L’assaillir sans parvenir à atteindre leur cible. Fou ayant commencé le jeu, voilà que Sa partenaire relançait les dés. De violents frissons déchirèrent ma peau lorsque Ses hanches se heurtèrent contre les miennes. Absence de douceur intensifiant la sensation, mes reins se consumant dans un brasier délicieusement dangereux. Chaleur étouffante gagnant du terrain alors que Ses lèvres se brisèrent contre les miennes. Je ne pus retenir un râle de plaisir qui vint mourir contre Sa peau. Satisfaction évidente d’un assassin ravit de retrouver sa compagne d’infortune favorite. Oubliant pendant une infime seconde la raison de sa présence en ces lieux. Effaçant avec l’arsenic de Ses lèvres les traces de ses méfaits. Mélange de cendres et de sang qui réussit néanmoins à me déranger, la saveur de Ses lèvres me semblait inconnue tant elle pouvait m’être familière. Cette ressemblance me gênait. Essence singulière et différente à présent semblable à la mienne. A celle de tous ces autres. Elle restait unique malgré tout, démone les surpassant tous sans la moindre hésitation. Vaine tentative pour retrouver un semblant d’oxygène qui ne fit que renforcer la prise qu’Elle avait déjà sur ma nuque. Poigne de fer écrouant ma peau alors que mes doigts venaient trouver refuge dans la douceur de Sa chevelure. Traîtres apposant la même force que les Siens, martyrisant les mèches dorées à force de les serrer avec tant d’ardeur. Je dois l’avouer, Sa violence m’a affreusement manqué. Cramponné à Ses cheveux comme on se cramponne à un roc en pleine tempête, je craignais de la voir disparaître. Malgré tout ce qui venait de se passer une infime part de moi continuait de douter. Mettant ces instants sur le compte d’une folie ayant atteint son apogée. La douleur était bien réelle pourtant. Celle glissant sur ma langue au même titre que les perles écarlates se dégageant de la plaie infligée par Ses dents.

Je laissais échapper un soupir de frustration lorsqu’Elle s’éloigna, aussi infiniment soit-il. Frustration teintée d’un soulagement certain malgré tout.

« - Tu n’as pas tort. J’ai fait ça uniquement pour profiter à nouveau de ta délicieuse répartie. Le feu laisse des traces, tu es bien placée pour le savoir maintenant »
Ironie, moquerie évidentes revenant sur le devant de la scène comme si rien ne c’était arrêté. Comme si le cours du temps n’avait jamais été troublé, à peine détourné. La suite de Ses mots me fit esquisser un infime sourire, reflet d’un amusement certain. Je voulais croire qu’elle me mentait. Que mes efforts pour réparer mon inexcusable erreur n’avaient pas été vains, qu’il était encore possible de réunir les deux morceaux de fil à présents distants l’un de l’autre. Que les pièces de ce tout devenu trop fragile pour vraiment résister pouvaient à nouveau reprendre la place qui est leur depuis le début.

« - Appelle ça perversion, si cela te chante, mais tu as toujours été une piètre menteuse. Et après tout la dévotion est aussi une sorte de perversion »
Le mensonge, il était si facile à énoncé. Si facile à façonner. Si ardu à reconnaître surtout. Borné jusqu’au bout, je me complaisais à penser que Ses mots n’avaient été qu’une suite de facéties, qu’aucune vérité n’était venue se glisser entre eux. Aveugle incapable de voir autre chose que ce qu’il désirait vraiment. Egoïste d’une certaine manière. Au fond elle n’avait pas tort, j’ai agi par pur égoïsme sans me soucier des conséquences. Je la regardais avec une certaine surprise lorsqu’Elle tendit la main vers moi. Ne comprenant pas de suite le sens de Sa phrase et de Son geste. Je l’avais conservé, d’abord rangé à l’abri des regards et des curieux. Arme assassine qui avait fini par ne plus me quitter par la suite.

« - Qui te dis que je l’ai conservé ? Et si c’était le cas, tu crois vraiment que je prendrais le risque de te le rendre »
Lâchais-je en avançant de quelques pas, frôlant Sa main tendue avant de La dépasser. Fouillant un instant la pile de papier jonchée sur la table derrière Elle pour en ressortir un petit journal de cuir, us jusqu’à la corde. Manuscrit ridicule faisant la fierté de Ses anciens collègues, trophée de chasse d’un traqueur y reportant tous les éléments utiles pour réduire en pièces les êtres de notre espèce.

« - La liste. De tous ceux qui ont contribués à ton retour. Je dois avouer que pour une fois, te m’auront été bien utiles »
Le sarcasme était évident. L’aversion envers ces misérables aussi. Ennemis devenus alliés l’espace de quelques secondes, le temps pour eux de prononcer les mots suffisants pour la ramener avant de redevenir des proies de choix, bonnes à être détruites sans la moindre hésitation. Le livret était tombé à Ses pieds dans un bruit sourd, perdant au passage quelques-unes de ses pages, noircies de schéma et formule en tout genre. La liste aussi fut arrachée de son support, achevant sa course devant Elle. Le silence revenu se glisser dans la pièce me dérangeait, à peine brisé par la respiration calme et posée du carnassier sagement endormi au pied du sofa. Animal épargné par la tempête, ayant pourtant souffert de l’absence de Sa maîtresse.

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▌Citation : « Et plus on aime fort, plus la douleur à venir sera décuplée. Tu connaîtras le manque, puis les affres de la jalousie, de l'incompréhension, la sensation de rejet et d'injustice. Tu auras froid jusque dans tes os, et ton sang fera des glaçons que tu sentiras passer sous ta peau. La mécanique de ton coeur explosera. Je t'ai moi-même greffé cette horloge, je connais parfaitement les limites de son fonctionnement. » } Mathias Malzieu.



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MessageSujet: Re: From The Ashes Of Hate [PV]   Jeu 22 Mar - 18:03

Intermède aussi suave que malsain qu’elle aurait pu poursuivre sans ciller. Se perdre dans les méandres d’une passion violente sans le moindre répit, pour combler le manque lancinant lui déchirant les entrailles. Déraison extrême qui n’avait fait que s’amplifier dans la chaleur dérangeante des géhennes, décuplant l’amour comme la haine à un point tel que c’en était insupportable. Créatures damnées esclaves de leurs vices, voraces et insatiables. L’état de frustration qu’elle parvenait à atteindre était tel qu’elle avait la sensation affreuse qu’elle ne s’en délivrerait jamais. Vipère brutale ne s’encombrant pas de délicatesse, tant le besoin tyrannique de Lui faire mal se faisait viscéral. Mante religieuse n’aspirant plus qu’à L’étouffer dans son étreinte, à Le noyer dans la perfidie de ses caresses. Ferveur rarement égalée du temps de son humanité se déchainant dans ses veines rongées par le désir de posséder et d’anéantir. Une part d’elle avait peur d’ouvrir les yeux, et que ses rétines ne trouvent qu’un champ de ruine dévoré par les flammes. La main agrippant fermement l'or de sa chevelure la rassurait, assurant une prise si rude qu’elle en était aussi abjecte que délicieuse. Masochiste entichée du tourment s’épanchant dans le creux de sa poitrine esseulée comme si elle vivait encore. Et pourtant. Elle se recula finalement, s’abandonnant à cette révulsion tenace qui la harcelait en parallèle. Les lèvres empoisonnées de son meurtrier semblaient se muer en une pluie de cendres, si acides qu’elle en grelotta sous l’impact. La vibration s’apaisait, ne laissant subsister qu’une rancœur intacte. Pulsions brûlantes mises en échec par les sombres réminiscences du dernier baiser arraché avant la chute. Avant qu’Il ne l’envoie se fracasser contre le verre sans ne serait-ce qu’un semblant d’hésitation. Amertume corrosive si intense qu’un arrière-gout putride restait coincé en travers de sa gorge. Tout son être sembla redevenir vide et poussiéreux lorsqu’elle s’écarta, ne laissant subsister que l’atroce désillusion que Sa nature démoniaque l’ait emportée sur le reste. Elle avait beau L’avoir menacé et persécuté de toutes les manières possibles et inimaginables, jamais elle n’avait franchi la limite. Incapable de réellement Le tuer, même si ce n’était parfois pas l’envie qui manquait. Parfaitement consciente qu’un monde sans Lui serait exécrable, et n’offrirait à sa souffrance aucun répit. Lui n’avait pas eu autant d’états d’âme, et c’était impardonnable.

Les mots venimeux étaient sortis de ses lippes écorchées avec un naturel confondant, tant elle cherchait à se convaincre de leur véracité en les prononçant. Il conserva néanmoins un flegme légendaire, ne lui laissant même pas entrevoir ne serait-ce que l’ombre d’un doute dans l’acier de Ses prunelles. Comme s’Il était intimement persuadé qu’elle finirait par Lui revenir entièrement, et par oublier Son funeste geste. Il n’avait pas tort, même si elle le niait farouchement. Dans deux jours, deux années ou dans deux siècles, qu’importe, cela arriverait, malgré elle ou non. Confiance se voulant inébranlable qu’elle ne comprenait cependant pas. Elle, elle l’aurait cru s’Il avait proféré de telles paroles. Le mépris aurait été semblable à des lames de rasoir, et il aurait lacéré son cœur à de si multiples endroits qu’il en aurait été méconnaissable et inutilisable. Ce n’était pas comme s’il y avait entre eux un lien de sang, un lien inébranlable par nature et supposé perdurer quoi qu’il puisse advenir. Le temps pouvait venir tout effacer, atténuer le désespoir pour lui faire emprunter les traits de l’indifférence, au mieux ceux d’une vague nostalgie. Mais comment la croire après la pitoyable niaiserie dont elle avait fait preuve un millième de seconde avant de plonger dans les abysses ? Déclaration étrangère à ses habitudes, étrangère à elle tout court. Sortie de sa bouche comme si elle savait juste avant de la formuler que sa nuque se briserait et qu’elle n’aurait pas à s’en justifier. 'Je t'aime', un rien et un tout à la fois, souillé en s'échappant dans l'air avarié. Faiblesse évidente qui n’avait fait que renforcer sa colère. Si elle n’avait pas été si mauvaise joueuse, elle aurait toutefois félicité son adversaire d’avoir été plus redoutable qu’elle en mettant un terme radical à sa misérable existence.

« - Une piètre menteuse, vraiment ? Et quand j’ai accusé Hilfiger de m’avoir mordu pour couvrir la véritable coupable alors ? Remarque cette enflure s’est bien rattrapée depuis, alors appelons ça plutôt prédictions. »

Un frisson d’irritation parcourut son échine lorsque le souvenir des crocs du scélérat dans sa chair s’incrusta en elle. Sangsue répugnante qui avait eu l’occasion de lui faire ravaler son arrogance et payer son effronterie. A un peu d’hémoglobine près, il aurait parfaitement pu devenir son assassin à Sa place. Uniquement freiné par les spectres dérangeants hantant l’hôtel délabré dans lequel ils avaient par hasard échoué. Morte de honte, elle avait préféré se terrer dans un coin reculé de la ville le temps que les plaies guérissent au lieu d’aller chercher Son aide. Inconsciente préférant agoniser à l’abri des regards indécents plutôt que de devoir faire preuve d’un peu d’humilité. Attitude semblable en tous points à celle adoptée en sortant des Enfers. Des semaines et des semaines à se cacher comme une bête sauvage traquée, à trembler d’être découverte sans supporter le moindre contact humain. La solitude, aussi pesante soit-elle, était devenue sa seule arme face à l’adversité. Préférant réfléchir et ruminer longuement sur d’éventuelles représailles par peur de foncer dans le tas et de se faire déchiqueter définitivement par son bourreau privilégié. C’était pourtant ce qu’elle venait de faire. S’immisçant dans le désordre de Son appartement à cause d’une impulsion plus difficile à réprimer que d’ordinaire. Il avait beau être resté d’un calme impressionnant face à ses attaques mesquines jusqu’à présent, avoir répondu par la tendresse plutôt que par les coups et les injures, Il n’en restait pas moins une menace. Elle fulminait, piétinait sur place et déblatérait comme une folle, impétueuse et volcanique pendant qu’Il se contenait du mieux qu’Il le pouvait. Elle avait toujours réagi à ses instincts comme ils venaient, sans tri ni hésitations. Lui ressemblait davantage à une bombe à retardement, pouvant très bien ne jamais exploser comme tout pulvériser sur son passage lorsque la coupe serait pleine et Ses nerfs totalement effrités. Certainement plus dangereux encore qu’elle par cet aspect là de Sa personnalité.

« - Et j’ai peut être menti sur tellement d’autres choses, qui sait ? Peut être que j’ai couché avec ton frère finalement. Ou que l’enfant n’était pas le tien. Peut être qu’il était de Stefan… »


Mensonges tous plus énormes qu’elle, peu crédibles et même franchement douteux. Jetés cruellement uniquement pour Le blesser en remuant le couteau dans d’anciennes plaies, surement aussi mal cicatrisées que les siennes. Et à propos de poignard, elle convoitait celui égaré dans la lutte finale. Objet de valeur faisant passer ses semblables pour de vulgaires canifs. Il l'agaçait sérieusement à faire mine de ne pas comprendre, et cela se notait à son allure fébrile.

« - Mais si tu es convaincu que non, alors tu devrais me le rendre. Après tout dans ce cas, tu ne risque rien. Et j’ose espérer que tes quelques neurones qui se battent en duel ont cerné sa valeur et eu la décence d’esprit de te décider à le conserver. »
Rétorqua-t-elle hargneusement alors ses dents se scellaient, se serrant avec une animosité palpable.

Il avait raison de se méfier. Elle risquait fort de Lui taillader le visage et le thorax dans un élan de rage. En revanche, elle n’arriverait pas à Le tuer. Dévotion enfouie sous les décombres l’empêchant d’agir à sa guise. L’enchainant à des chaines métalliques trop puissantes et imposantes pour qu’elle puisse s’en délivrer. Son manège incongru lui arracha un sourire cynique. Faisant naitre un amusement glacial devant cet excès de zèle. Décidément, tu ne manque pas de ressources…

« - Tu tiens une liste de tous tes trophées de chasse ? Je te pensais plus fin que ça. »


Murmures soufflés d’un ton faussement déçu. Maintenant elle se demandait s’Il tenait aussi à jour un registre de Ses infâmes conquêtes. La question lui brûla la langue et ce fut au prix d’un douloureux combat qu’elle se retint de la poser, afin de ne pas trahir l’ardente jalousie qui la remuait. Soupirant d’exaspération lorsqu’Il fit tomber à ses pieds le recueil. Elle eut envie de le récupérer pour le jeter au feu, sans y accorder un seul coup d’œil mais au bout de quelques minutes ponctuées d'un silence pénible, sa curiosité maladive l’emporta. La poussant à s’accroupir pour s’emparer des pages maculées d’écarlate, suite de noms et de symboles prouvant seulement qu’Il avait dérobé le butin d’un de ses anciens ‘collègues’.

« - Mais c’est le guide du parfait petit traqueur dis-moi… Je dois y voir une invitation déguisée ? Si tu as envie que je teste ces tortures sur toi, sache que je serais absolument ravie de t’aider à assouvir tous tes fantasmes. »
Susurra t’elle d’une voix mielleuse et délibérément aguicheuse, sarcastique au possible.

Finissant par se relever et par s’approcher à nouveau du criminel de sa démarche féline, avant de frapper Son torse avec le manuscrit aux teintes vermeilles pour qu’Il le récupère. Émeraudes orageuses fusillant Ses azurs enivrants sans retenue, Le défiant de relancer les dés ou de capituler.




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CALL ME A SINNER, CALL ME A SAINT I finally put it all together, But nothing really lasts forever. I had to make a choice that was not mine, I had to say goodbye for the last time. I kept my whole life in suitcase, Never really stayed in one place. Maybe that's the way it should be, You know I've led my life like a gypsy.

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MessageSujet: Re: From The Ashes Of Hate [PV]   Dim 25 Mar - 16:33


La haine. Pure et viscérale. Unique alliée d’une folie trop égoïste pour partager sa place dans une coquille à présent vide. Jumelles avides de sang et de meurtre, se manifestant juste lorsque l’occasion appelait à la destruction. La simple mention de ce vampire renégat fut suffisante pour titiller des nerfs déjà prompt à se rompre. Un simple nom et c’est tout un édifice qui s’écroule. Tout une mécanique qui s’emballe. Myocarde étouffant sous la cendre s’élançant à corps perdu pour tenter de survivre. De se faire entendre et de manifester son mécontentement. Sur mon visage il n’en fut rien. Je m’efforçais à le conserver, ce masque d’apparent calme, alors que sous la surface l’océan se déchaînait. Veines rongées jusqu’à n’être plus que de vulgaires canaux effilochés retrouvant un semblant d’usage, permettant au venin nourrissant ma chair de se disperser sans la moindre peine dans le moindre recoin de mon être. J’y ai pensé à cela. A Ses mensonges concernant des actes abominables qu’il me serait difficile d’oublier ou même de pardonner. Malgré tout, mes doigts étaient venus s’agripper à mes avant-bras, croisés sur ma poitrine. Serpents d’albâtres meurtrissant leur proie jusqu’à ce qu’elle en rougisse. Souffle de haine changeant de victime au gré des mots. S’apposant d’abord sur un ancien ami ayant eu l’audace de La toucher. De La blesser. Avant de retomber sur celui partageant mon sang. Le partage-t-il toujours maintenant qu’il n’est plus aussi vermeil qu’il ne le fut ? Question stupide dont la réponse était évidente. Même si parfois j’aimerais que cela change, qu’il ne soit qu’un parfait inconnu pour que les choses soient plus simples. Le réduire en cendres sans hésitation, baser mon geste sur une prétendue adultère. Qu’il soit vrai ou non, cela me donnait juste une raison de le rayer de mon existence. Qu’il soit vrai, cela rendrait son agonie encore plus atroce. Ses attaques me faisaient mal, bien plus qu’avant. Je la détestais pour cela, cette nature démoniaque poussant son porteur à ressentir la douleur plus intensément que les autres. Maintenant plus que jamais je goûtais à la puissance de cette malédiction. Ma dévotion envers Elle m’étouffait. Ma haine et ma rancœur me consumait avec une telle force que je crus pendant un instant être à nouveau le prisonnier des flammes des géhennes. Bouffées de chaleur insupportables me poussant à esquisser un pas en arrière. Geste de recul n’ayant servi qu’à creuser un peu plus la distance nous séparant. Ligne invisible inutile, barrière érigée par les pierres d’un flegme s’étant promis de subsister malgré toutes les insanités qu’Elle pourrait dire.

La dernière qu’Elle put jeter à mes pieds me coupa le souffle. Même si une part de moi savait qu’Elle mentait, que c’était là un des meilleurs moyens pour me blesser, Son mensonge sonna comme une affreuse éventualité. Je dus serrer les dents, me mordre la langue jusqu’au sang pour ne pas répliquer. Pour tenter de sauver le reste de contenance qui pouvait sinuer dans mes veines. Ce serait si simple pourtant de céder, de La faire cesser. Si simple et pourtant. Je craignais de L’approcher. De m’emporter à nouveau et de voir tous mes efforts réduit en fumée par ma seule stupidité. Je fermais les yeux un instant, laissant les battements sourds de mon cœur résonner dans mon crâne avant de reposer mon regard sur Elle.

« - Je vois que ton séjour en Enfer a réussi à renforcer ton aptitude à frapper là où c’est le plus douloureux. J’ai presque réussi à croire tout ce que tu viens de dire »
Lançais-je en esquissant un sombre sourire, lui jetant au passage une œillade meurtrière malgré l’évidente douleur qu’il pouvait s’y lire. Livre ouvert dont elle déchirait les pages sans le moindre ménagement, Elle était bien la seule devant laquelle je ne cherchais pas à dissimuler mes tourments. Je m’étais efforcé de le faire au début, abandonnant l’idée tant cela m’était difficile. Détentrice d’une clé que j’étais prêt à jeter, Elle me connait mieux que je ne peux le faire. Ma véritable faiblesse, cette simple pensée me fit frissonner alors qu’Elle brisait à nouveau le silence.

« - Mes pauvres neurones étaient trop occupés à tenter de redonner à mon parquet sa splendeur d’antan pour seulement penser à conserver une vieille lame rouillée et inutile »
Réponse énoncée avec un semblant d’amusement bien que l’ironie de la chose teinte ma voix d’une certaine froideur. Aurais-je vraiment dû le conserver ? Sa réaction face à la venue du carnet sur le devant de la scène me laissa de marbre. L’amusement n’avait été que de quelques secondes, balayé par les tourments martyrisant le fantôme de mon âme. Souvenir encore présent me donnant parfois l’impression qu’elle n’avait pas été détruite. Que ma certitude n’était qu’une illusion et rien de plus. Que je devais uniquement Son retour à tous les noms écrits sur ces misérables pages. A eux, et à eux seuls. Jouer les aveugles et continuer de m‘enfermer dans un monde chimérique, cela aussi aurait été aisé à faire. Ignorer l’horreur de mon propre reflet pour n’en voir que la meilleure partie. Ignorer les changements d’humeur et l’absence de remords pour continuer à faire comme si rien n’avait changé. Les remords, qu’ils aient disparu n’était pas le plus dérangeants. Ils auraient fini par le faire de toute façon, meurtres répétés devenant de plus en plus violents. Briser mes promesses, c’était peut-être cela qui avait commencé à me faire douter. Je m’étais perdu sur les routes sinueuses de ma propre noirceur comme un parfait imbécile. Cédant à de viles pulsions sans même réfléchir, en éprouvant alors un plaisir tellement évident que je n’avais pas cherché à les dissimuler. Amour du vice gagnant en puissance à chaque blessure, à chaque vie volée.

« - Si c’était le cas, elle serait bien plus importante. »
Je suivis Ses gestes du regard, impassible devant Son évident détachement. Première preuve s’envolant en fumée alors que Ses doigts s’en saisissaient. Féline s’approchant de sa victime jusqu’à la faire prisonnière. Mes reins butèrent contre la table, s’y écorchant lorsqu’Elle fut suffisamment proche. Les notes enjôleuses de Sa voix me firent esquisser un sourire, calcinant malgré toute la mesquinerie de Ses paroles, mes reins jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un misérable tas de cendres. Mes doigts vinrent se saisir du petit journal, le jetant sans vraiment faire attention sur les autres papiers jonchant la table avant de revenir se saisir des Siens. Phalanges étouffants les Siennes jusqu’à ce qu’elles se brisent. L’obligeant à se rapprocher jusqu’à ce que Son souffle se mêle au mien. Mélange enivrant embrasant ma peau.

« - Tous mes fantasmes, vraiment ? »
Tu t’engages sur une voie dangereuse rien qu’en prononçant ces simples mots, en as-tu conscience ? Pour une fois qu’Elle n’était pas le première à rejeter sur le devant de la scène la liste des écarts. Folie insensée que j’aurai du conserver dans un recoin de mon esprit. Me couper la langue pour éviter de seulement oser la prononcer. Provocatrice ayant enfin trouver son partenaire de jeu, lui aussi prenant le risque de jouer avec les mots plutôt que de céder aux violents pulsions dévorant son être au même titre qu’une convoitise charnelle devenant étouffante à mesure que ma peau effleurait la Sienne. Emeraudes ensorcelantes dans lesquelles je me perdais sans retenue, en redécouvrant les nuances comme si Elles avaient pu changer. C’était le cas d’une certaine manière. Sous les reflets appris par cœur, se devinait l’ombre de ténèbres semblables à ceux dévorant mes propres prunelles.

A contre cœur, ma main gauche vint déloger la lame de sa cachette. J’hésitais un instant, avant de l’obliger à ouvrir Sa main pour que je puisse y déposer l’objet.

« - J’aurais peut-être mieux fait de jouer les maniaques plutôt que de le conserver. »
Murmures venus mourir contre Son oreille, la frôlant à peine. Proximité dérangeante et enivrante à laquelle j’aurais aimé pouvoir céder. Sans hésiter. Sans être rongé par une certaine crainte. Par l’ombre de la honte. Mes doigts libérèrent les Siens, alors que j’esquissais quelques pas sur le côté pour briser à nouveau la chaleur d’une contiguïté qui m’était affreusement vitale. Besoin d’Elle devenu viscérale, renforcé par Son absence. Brisé par mon emportement et ma folie.


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▌Citation : « Et plus on aime fort, plus la douleur à venir sera décuplée. Tu connaîtras le manque, puis les affres de la jalousie, de l'incompréhension, la sensation de rejet et d'injustice. Tu auras froid jusque dans tes os, et ton sang fera des glaçons que tu sentiras passer sous ta peau. La mécanique de ton coeur explosera. Je t'ai moi-même greffé cette horloge, je connais parfaitement les limites de son fonctionnement. » } Mathias Malzieu.



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MessageSujet: Re: From The Ashes Of Hate [PV]   Jeu 29 Mar - 15:05

Elle prenait un plaisir malsain à titiller Ses nerfs, les éraflant lentement et vicieusement en attendant de leur asséner le coup fatal. Prenant le risque d’invoquer une faiblesse qui leur était commune, le deuil d’un être dont il ne restait plus qu'une myriade de débris dans ses entrailles. Piteux mensonge qu’Il sembla prêt à croire malgré Son flegme apparent. Et à la réflexion, c’était quasiment faire preuve de ‘gentillesse’ que de Lui faire avaler ça. L’amputer du fardeau inutile d’avoir perdu une part d’un Nous qui aurait pu être infiniment plus précieuse que tout le reste. Ce ne serait plus Son problème, mais celui d’un ex-mari qui n’en avait de toute manière que faire après le naufrage de leur grotesque mariage. Misérable canular énoncé avec un aplomb se voulant inébranlable, teinté de l’ombre d’un amusement purement factice. Elle ne s’était pas attendue à ce que la lueur de souffrance qui vacilla furtivement dans l’acier de Ses prunelles orageuses fasse naitre une douleur lancinante au creux de sa poitrine. Mal introuvable chargeant ses épaules d’un poids inconnu, fourmillant dans chacun de ses membres en rendant son immobilité affreusement pénible. La culpabilité. Invention ridicule de ceux qui ont des choses à se faire pardonner dont elle s’était naïvement sentie à l’abri depuis sa transformation démoniaque. Conscience autrefois détraquée désormais réduite à l’état de mince chuchotement, quasiment inaudible. Il ne le méritait pas qui plus est, pas après lui avoir brisé la nuque. Étranglée par des remords qui n’avaient plus leur place dans une telle enveloppe, surtout pas envers celui qui lui avait tout pris. Le reste de ses allusions ne valait pas mieux. Une accusation mesquine qui lui avait seulement fait honte sur le moment parce qu’elle avait été contrainte de Lui mentir effrontément. Pas assez proche de Lui à l’époque pour lui expliquer son acte, et l’importance qu’il avait dans la protection de sa cadette. Confiance fragile en Lui trouvant ses limites chaque fois qu’il s’agissait d’Elle. Quant au fait d’avoir laissé Son frère se glisser entre ses reins… l’humaine en était incapable, tétanisée par l’ampleur de ses anciens traumatismes, et l’immortelle ne valait dans un sens pas beaucoup mieux.

« - Presque ? C’est que mon séjour en Enfer a surement été trop court alors… »

Sarcasme lancé avec un sourire aussi hypocrite que le Sien, prélude d’une série d’autres diatribes ayant pour seul et unique but de faire plier l’adversaire. Jeu malsain qui lui avait terriblement manqué, elle s’en rendait bien compte. Elle en avait presque oublié la saveur après des semaines entières à se retrouver repliée dans un profond mutisme. L’afflux de colère croulant sous sa peau se faisait plus vif et plus abondant à chaque seconde qui s’égrenait, prenant de l’ampleur devant l’éventualité qu’Il ait pu effectivement ne pas conserver la lame. C’était logique après tout. Meurtrier moins attaché aux dispositifs de torture qu’elle, ayant certainement préféré se débarrasser de tout ce qui Lui rappelait de près ou de loin Sa victime. C’était puéril d’attacher autant d’importance à un simple objet, supposé avoir considérablement perdu de son importance après le supplice des géhennes. Le besoin irrépressible de vengeance qui l’animait envers son beau-père s’était estompé, changeant de cible, mais le poignard avait conservé sa valeur symbolique. La preuve matérielle de son absence de lâcheté. Qu’Il détourne son attention avec Son stupide carnet ne fit qu’effriter davantage sa patience, et en tournant les pages noircies à l’encre de Ses méfaits, elle réalisa à quel point elle aurait voulu pouvoir Le croire aveuglément.

Mouvement de recul instinctif indigne d’un démon de Son rang dont elle se délecta, capturant sa proie dans une prison de fortune. Prétexte à se rapprocher de la source de ses pires tourments évident tant il était devenu coutumier. Une grimace d’affliction déforma l’albâtre de ses traits lorsque Ses doigts se nouèrent aux siens avec violence. Craquements désastreux entrainant pour seul réflexe un vain mouvement pour s’en dégager. Tentative avortée qui lui fit serrer les dents jusqu’à presque s’en fracturer la mâchoire pour retenir le râle de souffrance cherchant à s’extirper de sa gorge. Violence inhabituelle certainement encouragée par la résistance infernale offerte par son nouveau statut. Un frisson carnassier déchira son échine quand leurs respirations suaves se mêlèrent, et l’envie de meurtrir ses lèvres réduisit ses reins en cendres écarlates. Mélange de désir et de peine faisant naitre des frissons intempestifs impossibles à réprimer tant ils étaient d’une brutalité inouïe. Contigüité dévastatrice exacerbant l’animosité comme l’alchimie, renforçant la première lorsque Sa réplique vrilla ses tympans. Question indécente qui resta pourtant sans réponse, l’intensité de la douleur suintant de ses articulations lui ayant coupé le souffle. Préférant se taire plutôt que de laisser échapper un gémissement qui Le rendrait victorieux, fier des sévices endurés. Émeraudes haineuses poignardant Ses azurs enivrants avec obstination. Refusant de capituler avant Lui. Nuances ensorcelantes rendant ses souvenirs ternes et grisâtres en comparaison. Reflets magnétiques dont elle n’arrivait pas à se détacher, même pas pour contempler ce qu’Il déposa dans le creux de sa paume. Pupilles incandescentes qui se refermèrent néanmoins quand un nouveau tremblement lui lacéra l’épine dorsale, alors que Ses murmures se frayaient un chemin jusqu’à son oreille. Elle fut obligée de s’appuyer fébrilement à la table lorsqu’Il s’écarta, y posant ses phalanges bleuies à plat en attendant que le mécanisme d’auto-guérison daigne se mettre en route. Simultanément frustrée qu’Il se soit éloigné, et rassurée que ses os puissent accéder à la reconsolidation salvatrice. Un éclat incongru détourna toutefois son attention des jointures maltraitées, et elle fit tourner doucement le poignard sur lui-même. Perles écarlates encore fraiches brillant sous les feux de ses sphères inquisitrices, alors qu’elle avait toujours été une véritable maniaque s’agissant de son arme fétiche. Et c’était ce qu’on appelait « la goutte de trop. »

« - T’as osé t’en servir ?! »
Siffla t’elle après avoir laissé planer un dangereux silence, Lui jetant l’œillade la plus sombre dont elle disposait en réserve avant d’ajouter d’un ton menaçant : « - T’as jamais eu le moindre respect pour moi, hein ? »

Sentence sans appel tandis qu’elle attrapait le couteau avec une nervosité palpable. Son poing libre s’envola tout seul, venant se loger directement entre Ses deux yeux tandis que son pied vint faucher l’un des Siens pour accentuer Sa perte d’équilibre. La lame acheva sa course entre Ses côtes tandis que ses genoux venaient s’écraser sur le plancher contre Son corps étendu. Enfonçant l’outil un peu plus profondément dans Sa chair tandis qu’elle l’obligeait à se redresser à demi en griffant Sa nuque. Suffisamment près pour que son souffle amer vienne mourir dans Son organe auditif. Désireuse que chacune de ses paroles venimeuses s’infiltre en Lui et ne s’en échappe pas.

« - D’abord avec toutes tes putains. J’aurais pu attraper la mort rien qu’avec les maladies infectes que t’aurais pu me refiler en te frottant à elles. Tu savais à quel point ça me brisait, tu t’en moquais éperdument. »


La dague fut retirée vivement, lui laissant un infime instant de répit avant de s’infiltrer sur Sa cuisse. Traçant un sillon pourpre à travers le tissu sur quelques centimètres. Tordant Son poignet d’un coup sec lorsqu’Il chercha instinctivement à l’arrêter, le repliant derrière Son dos en délaissant l’instrument de calvaire.

« - Le nombre d’humiliations que j’ai dû essuyer… Mais évidemment j’étais trop mièvre pour te tuer ou te laisser crever la bouche ouverte. Le pire c'est que c'était même pas la première fois que tu m'envoyais me fracasser contre quelque chose. »


Et mièvre, elle l’était toujours d’ailleurs, en dépit de la rage déferlant dans ses veines. Frénésie destructrice ne parvenant pas encore à rivaliser avec la dévotion lui grisant les sens et annihilant ses pulsions les plus extrêmes. Ses dents vinrent mordiller avec sauvagerie le lobe de Son oreille avant qu’elle ne se déplace subitement et Lui retire tout appui. Caressant furtivement Son front brulant puis Sa joue avec un simulacre de compassion, avant de recommencer à l’accabler de reproches. Son poing fermé alla cogner en plein sur Ses poumons, près de Sa blessure, mesurant cependant sa puissance. Du moins, du mieux que sa fureur le lui permettait en l’espèce.

« - T’as pas eu non plus la décence de m’enterrer, c’est sûr que m’immoler ça t’as moins cassé le dos que de devoir me porter puis utiliser une pelle, hein ? »


Un vulgaire déchet qu’on prend, qu’on jette. Une marionnette qui a perdu de sa splendeur à force de se laisser séduire, qu’on élimine quand ses fréquentations finissent par nous déplaire. Un trophée rouillé qui encombrait Son appartement avant qu’Il ne fasse le ménage. Elle se releva, Le toisant de toute sa hauteur. Glaciale.

« - Mais ce que j’ai préféré c’est surement ‘j’ai vendu mon âme au Diable pour toi’. Tu parles d’un sacrifice ! Vendre ce qu’on a perdu ya des siècles ! T’es vraiment le pire des escrocs Dwight… »


Il ne restait plus qu’à tourner les talons, et à Le laisser agoniser dans son propre bain de sang. Avant que Ses pouvoirs ne se remettent en marche. Elle esquissa ainsi plusieurs pas vers la sortie, soupirant devant la porte. Consciente qu’elle n’aurait pas l’esprit tranquille si elle n’était pas certaine qu’Il se remettait des cruelles punitions infligées, elle revint auprès de Sa carcasse affaiblie. Se délestant de son chemisier pour le presser sur Son torse et endiguer ne serait-ce qu’un peu l’hémorragie. Ou le paradoxe dans toute sa splendeur : Le mutiler pour chercher ensuite à réparer ses élans de sadisme. Elle avait besoin qu’Il résiste, qu’Il survive, à un point si viscéral que c’en était épuisant. Étouffant.


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MessageSujet: Re: From The Ashes Of Hate [PV]   Jeu 29 Mar - 18:57


Les dés avaient jetés il y a bien longtemps. Dès le premier jour, lancés avec force et violence pour les envoyer le plus loin possible histoire de ne pas voir le résultat. Joueurs préférant feindre l’aveuglement plutôt que de devoir passer leur tour. Le mien était passé, apportant avec lui tout son fardeau de douleur et de haine. Alimentant une machine fonctionnant déjà à plein régime, détruisant celle qui battait dans ma poitrine. Annihilant tout ce que ma prétendue renaissance avait réussi à me donner. J’ai assisté à l’ébranlement de tout un édifice de certitude sans pouvoir l’en empêcher, le précipitant même malgré tout ce que je pouvais en penser. Insensé préférant mourir une seconde fois plutôt que de passer toute une éternité sans Elle. Résolu à ne pas revivre la même chose une seconde fois. En fin de compte, je e demandais si mes manœuvres n’avaient pas servi à rien. Rapportant une part importante de moi, pour en détruire une autre à la place. Même si elle n’était devenue qu’un souvenir. Une illusion, se manifestant parfois plus par habitude que par sa réelle présence. Je m’étais réfugié dans la violence la première fois, nourrissant ma peine avec la colère. Colère devenue une parfaite allié depuis tout ce temps. Je venais de faire pareil, endossant cette fois le rôle de l’assassin et de l’accablé. Dualité éternellement présente dans une existence qui avait perdu sa dernière trace d’opposition. Ensemble tyrannique réglé pour ne plus s’encombrer de remords et autres futilités mortelles. Je le pensais ça aussi, avant qu’Elle ne revienne. Arme rendue sans la moindre douceur, avec un détachement qui me rongeait de plus en plus. Difficile à maintenir tant le flot de contradictions hurlant contre ma peau se déchaînait avec hargne. La douleur de Ses mots continuait de se briser contre mes tempes, m’assourdissant à tel point que cela en devenait agaçant. Vérités mensongères qu’une infime part de moi avait réussi à croire. Infime et pourtant suffisante pour me hanter. Pour les détester avec encore plus d’ardeur. L’ancien époux, et le frère manipulateur. Cadeau de famille, se retrouvant chez les deux derniers héritiers d’une lignée morte depuis des siècles. Rejetons voués à se détester et à se détruire. Ce serait là la meilleure chose à faire. J’aimerais d’ailleurs, être capable de le détester, purement et simplement.

Le silence revenue se glisser entre nous me fit frissonner. Martelant ma peau au même rythme que mon cœur. Expectative que Ses mots vinrent briser, intensifiant l’espace d’une brève seconde les tremblements dévorant mes reins. L’œillade meurtrière qu’Elle me jeta glaça le reste d’hémoglobine courant dans mes veines. Erreur d’un débutant affligeante qui me fit honte tant elle était grotesque. La trace de mes méfaits passés était restée figer sur l’acier. Le dévorant de son acide sous Ses yeux. La réponse mourut contre ma langue, alors que l’éclat de douleur venait traverser mon crâne. Diversion me faisant perdre l’équilibre, me poussant presque à vouloir me rattraper à Elle avant que l’idée même ne s’échapper de mes pensées. Entrelacs de mots et d’images réduit en cendres d’un seul coup de lame. Une seule chute, poussant finalement ma main à venir se saisir de Son épaule. Un bref instant, alors que l’air me manquait. Que la douleur glissant de la plaie jusque dans le bout de mes doigts me poussait à fermer les yeux, à ravaler le sang se frottant contre ma langue. Enivrant. Ecœurant. Je l’avais aimé, ce liquide écarlate et ses nuances entêtantes. Je le détestais maintenant qu’il avait pris une autre forme, révélant aux yeux du monde l’état dans lequel un démon peut réellement se trouver sous son masque d’apparente jeunesse. Perfection servant de simulacre, illusion mesquine dissimulant à merveille les horreurs de l’éternité. Je me suis mordu les lèvres pour retenir les marques d’afflictions venant s’y échouer, ne laissant passer qu’un vague soupir. Egoïste préférant conserver le restant de son oxygène plutôt que le dilapider inutilement. Egoïste préférant aussi ne pas Lui offrir le plaisir d’une douleur pourtant évidente. Tirant mes traits, poussant ma carcasse à trembler sous les assauts d’un mal me rongeant avec plus d’ardeur à chaque seconde passant.

Accrochés à Elle comme on peut s’accrocher à un roc pour éviter la chute, mes doigts agrippèrent plus fortement son épaule lorsqu’Elle m’obligea à me redresser. La déchirure se fit plus importante, blessure immonde brûlant ma peau au moindre mouvement. Ses mots ne furent qu’un murmure, à peine perceptible dont le sens se perdit dans les brumes de mon esprit. Je n’en ressentis juste qu’une profonde honte. Une rancœur effroyable venant parfaire le tableau de ma déchéance. Une tâche de plus sur une toile déjà noircie d’horreur. Apportant avec eux un nouvel élan douloureux qui me poussa à lâcher Son épaule pour tenter de stopper Son geste. D’arrêter Son élan de folie, même si au fond, mon inconscience me hurlait que tout ce qui arrivait était justifié. Amplement mérité devant l’ampleur de tout ce que j’ai pu lui faire subir. Amour inconditionnel pourtant tant de fois bafoué. Détruit quand il aurait été si facile d’éviter les blessures. Un parfait pantin, subissant la colère de son maître sans pouvoir s’en défendre. Réduit à l’écouter sans être capable de répliquer, de se défendre de Ses accusation tant la douleur était insupportable. Elle m’étouffait, ravageant mon être avec une telle force que cela m’effraya pendant un instant. La douleur… Je la ressentais avec tellement plus d’ardeur. Comme tout le reste. Le dernier coup acheva de me briser. Mes reins butèrent contre le sol, au même titre que ma nuque alors que ma main valide venait se glisser contre ma poitrine, dissimulant la plaie du mieux qu’elle le pouvait dans l’espoir qu’Elle l’oubli. Perte d’appui soudaine n’arrangeant rien, bien au contraire. Les yeux clos, le souffle court, je restais un long moment immobile sur le sol, fronçant les sourcils et serrant les dents. Mon crâne allait se déchirer, brisé en deux. Détruit par les ravages de Sa folie. Je brûlais, littéralement. Dévoré par une chaleur infernale.

« - Tu as choisi de pactiser avec le Diable… Tu savais qu’il y aurait des inconvénients. »
Sarcasme lancé entre deux élans d’affliction, murmurés avec peine entre deux reprises d’air affreusement difficiles et déplaisantes. L’enterrer… J’en aurais été incapable. La seule idée de Sa dépouille pourrissant sous terre m’horrifiait. Je l’avais fait une fois, j’étais incapable de recommencer. Vision d’horreur d’un cadavre qu’on enterre, des larmes coulant au rythme des pelletés de terre. Réminiscences d’un passé qui me serrèrent le cœur avec violence, n’arrangeant rien à l’asphyxie dévorant mes poumons.

« - Je saurais, la prochaine fois, que tu préfères te faire dévorer par les vers. »
Je crus pendant un instant qu’Elle partirait. Cela aurait certainement été la meilleure chose à faire. Je fus surpris de La sentir à nouveau à côté de moi. Surprise teintée d’un semblant de crainte. J’aurais dû la repousser, l’éloigner pour qu’Elle ne m’approche plus. Si l’idée me parue alléchante, je fus incapable d’exécuter le moindre geste. La main endiguant le flot écarlate n’avait pas résisté longtemps, revenant s’échouant sur le sol. La faiblesse qui s’emparait de mon être m’écœurait. Je me sentais vide, affreusement vide. Une simple carcasse, dépourvue de matière. Juste une enveloppe parcourut par les griffes de la douleur. Emplie d’un sang qui ne cassait de se déverser malgré Son bandage de fortune. J’en esquissais un triste sourire d’ailleurs.

« - Et puis entre nous… je n’aime pas refaire deux fois la même chose. J’ai été un piètre creuseur de tombe dans le passé, je ne voulais pas refaire la même erreur. »
Murmures ironiques mourant avant d’atteindre Son oreille alors que je me relevais avec peine, prenant appui sur ma main valide tandis que le poignet de l’autre se remettait à peine en place. Prunelles rongées par des perles de douleur se posant sur ma cuisse et la plaie qui la barrait. Un frisson d’horreur accompagné d’un violent haut-le-cœur accompagne ce misérable coup d’œil. J’en esquissais d’ailleurs un soudain geste de recul, révulsé par ce qui émanait de la plaie. Substance noirâtre n’ayant de sang que le nom. Et encore. Immonde, dense. Je pensais avoir rêvé la première fois que cela était arrivé. Croyant dur comme fer avoir tout imaginé. Cette fois aussi, mes veines s’étaient muées en de sombres canaux, affreusement visibles sous ma peau.

« - Il y a des différences entre perdre quelque chose et le détruire. »
Lâchai-je en serrant les dents, agrippant Son chemisier pour le jeter dans Sa direction avec un certain agacement. Un relent de rancœur et de haine, devant l’ampleur de la chose. La douleur émanant des plaies allait continuer, un bon moment encore. Le flot sombre aussi, rongeant ma peau avant de retrouver une teinte écarlate. Témoin d’un état de pourriture avancée allant de pair avec ce que mon miroir reflétait parfois.

« - T’es-tu seulement demandé pourquoi ton séjour en Enfer a été trop court ? Tu crois vraiment que tu fois ça à Son bon vouloir ? A celui de ton ancien mari peut être ? Ou bien de ta sœur ? »
Ces mots je venais de les lancer avec une telle sécheresse dans la voix que cela m’effraya. Paroles agressives et mauvaises contrastant avec tout l’accablement qui dévorait mes prunelles. Œillade qui s’était voulue assassine et qui en fin de compte, n’avait réussi qu’à se perdre dans les nuances singulières de Ses émeraudes. Le semblant de rancœur qui pouvait encore s’y cacher, venait de mourir, ravagé par tout le reste. Je lui en voulais, et pourtant.

« - Mais qu’importe, crois qui tu veux. Prend moi pour un escroc, ou tout ce que tu veux, j’ai fait ce que je pouvais pour réparer l’impardonnable. Déteste moi pour tout ce que tu veux, mais pas pour avoir tout perdu pour que tu reviennes »
Je pris le risque de me relever, prenant appui sur ma jambe valide, grimaçant sous les rappels douloureux glissant de ma poitrine et de mon autre jambe. Cherchant à tâtons la table, la teintant de noir avant de pouvoir vraiment m’en servir de soutien. Avant de vraiment pouvoir constater l’ampleur des dégâts, essuyer ma peau du plat de la main pour en contempler les larmes. Intrigué malgré le dégoût par ces étranges manifestations.


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MessageSujet: Re: From The Ashes Of Hate [PV]   Sam 31 Mar - 15:18

Des inconvénients… Sa répartie lui arracha un ricanement tant l’euphémisme de la chose la frappait. De simples petites contrariétés auraient probablement effrité légèrement ses nerfs de temps à autres, sans réellement se fixer dans les méandres de son esprit détraqué. Le genre d’agacement qui survient de manière épisodique, petites manies qui sont même parfois attendrissantes. On finit après tout souvent par aimer quelqu’un pour ses défauts, qui en deviennent de temps à autres des qualités quand on y repense. Légers désagréments qui n’avaient strictement rien à avoir avec tout ce qu’il avait pu lui infliger pendant trois ans. Agonie perpétuelle ayant morcelé son misérable palpitant en tant de morceaux éparses que les innombrables débris avaient fini par ne plus former que de la poussière écarlate. Avoir été prévenue n’empêchait pas de souffrir le martyre. Une toile maculée d’immondices, d’humiliations et de caprices. Blessures d’orgueil et blessures du cœur ne formaient qu’une seule et même plaie béante, arrosée à l’acide et au sel à chacune de Ses incartades. Le pire était certainement quand elle repérait à plusieurs reprises la même fragrance fruitée et écœurante sur l’albâtre de Sa peau. Rivales invisibles et régulières Le comblant suffisamment pour qu’Il revienne se glisser entre leurs reins infects. Accentuant cette peur infâme et égoïste d’être abandonnée, pour une obsession plus séduisante. Trahisons répétées qui auraient du l’amener à mettre un terme brutal et définitif à la liaison contre-nature qu’ils entretenaient bon gré mal gré. Amante bafouée cependant trop lâche pour vraiment s’y employer. Lâche et puante de rancœur envers Lui, qui la meurtrissait s’y facilement. Envers elles, qui s’appropriaient si impunément ce qui aurait du n’être qu’à elle. Ne pas vouloir s’attacher à un homme, et pourtant ne jamais réussir à réellement s’en détacher. Lutte chaotique menant à s’aimer pour mieux s’entretuer la seconde d’après qui n’avait aucun sens, et qui en avait pourtant donné un à une existence détruite dès l’enfance. Survie forcenée jalonnée de crimes et de ruptures, d’une entente complice les poussant à s’allier avant de se jeter ensemble du haut du précipice. Connivence des ténèbres, de l’horreur et du trépas. Passion infernale si profondément ancrée en elle que les géhennes n’avaient pas pu la déraciner, la préservant à l’ombre de la haine. Masochiste s’y raccrochant désespérément, mais trouvant toujours le moyen de s’en plaindre par la suite. Un mari irréprochable, elle en avait déjà eu un. Il ne levait que rarement le ton plus haut que le sien, ne voyait qu’elle et endormait ses pulsions meurtrières pour qu’il ne reste plus d’elle qu’un docile pantin. N’éveillant que des émotions plates et ternes. Teintées d’une indifférence suffisante pour Le quitter sans le moindre regret même si elle avait cherché à se persuader du contraire. Créature tyrannique ayant besoin d’un adversaire à sa taille pour se sentir vibrer.

« - Et toi tu as choisi de pactiser avec l’ennemie. Tu savais qu’il y aurait des répercussions. »

Répliques forgées dans le même moule que les Siennes énoncées avec froideur alors qu’elle se relevait, délaissant Sa piteuse carcasse à son triste sort. Démon mis au tapis dont la vision cauchemardesque lui rappelait celle du cadavre croupissant dans une miteuse chambre d’hôtel. Vile tortionnaire s’octroyant le luxe de maltraiter deux proies en l’espace de quelques heures, des semblables de surcroit. Succubes recrachés des entrailles de l’Enfer au même titre qu’elle, et qu’elle n’arrivait pas à considérer comme ses ‘frères’ pour autant. Instincts de traqueuse encore intacts l’amenant à les percevoir comme de la vermine à exterminer, au mieux comme des rivaux. Représailles effroyables toutefois infimes en comparaison des plans machiavéliques qui avaient pu se construire dans son crâne aliéné. Cette scène de torture, elle l’avait imaginé un nombre incalculable de fois. Les instruments de calvaire variaient parfois, les zones affligées également, mais les protagonistes restaient inlassablement identiques. Démente si obnubilée par sa rancœur qu’elle s’était muée en une funeste obsession. La happant sans répit au creux de ses sombres filets poisseux. Le mutiler, Le brûler, L’éviscérer… autant de perspectives alléchantes qui pouvaient s’étendre à l’infini. Et pourtant. Les deux coups de couteau lui suffirent, et elle avait beau se répéter qu’elle ne faisait qu’en laisser un peu pour la prochaine confrontation… rien n’était plus faux. Le fait qu’elle revienne auprès de Lui au lieu de claquer la porte le prouvait affreusement. Minable bandage inutile pour stopper le flot interminable d’hémoglobine s’échappant de Ses perfides lésions.

‘La prochaine fois’. Futile suite de mots qui réussit à la faire frissonner, tant l’idée de retourner se consumer dans l’antre de Lucifer l’horrifiait. Venant de Sa bouche, c’était encore pire. Peur viscérale de lui redonner une part de Sa confiance, pour qu’Il la piétine outrageusement ensuite. Un jouet usager qu’on ressort du placard avant de le fracasser à nouveau contre l’asphalte. Elle s’y refusait farouchement, pas deux fois à cause du même bourreau. Elle ne tenait pas à être enterrée, être rongée par les vers six pieds sous terre la répugnait autant que Lui. C’était le peu de soin apporté à sa dépouille qui la dévorait surtout. Le fait d’avoir pu la faire disparaitre si facilement, d’un geste méprisant. Chair diaphane et écorchée dont elle Lui avait permis de connaitre jusqu’à la plus fine balafre, dont Il avait gouté à la saveur acide là où tous les autres en étaient restés à l’ivresse du fantasme, sans pouvoir en capturer le mirage. Simulacre d’armistice signé dès leur première étreinte réduit en fumée, pour qu’il ne reste que des cendres éparpillées sur Son plancher. Il n’avait même pas pris la peine de la trainer ailleurs, la rapidité de l’immolation prouvait combien cela avait été aisé et spontané. Presque une formalité. Les romances à l’eau de rose, les larmes versées à s’en égratigner la gorge, autant de scènes mélodramatiques et pathétiques qui ne lui ressemblaient absolument pas. Mais après tout ce qu’ils avaient pu traverser, elle aurait surement apprécié que Sa période de deuil dure plus longtemps qu’un claquement de doigts.

« - Il n’y aura pas de prochaine fois, tu crèveras avant moi et je peux te jurer que moi je te sortirai de ta tombe toutes les semaines pour m’assurer que les insectes ne lésinent pas et font honneur à ta face de rat. »


Sifflements venimeux dignes d’une odieuse vipère, davantage associables à de l’esbroufe qu’à une pure vérité. La perspective d’une éternité sans qu’Il se trouve dans les parages la faisait en réalité suffoquer tant ce serait insupportable. Dépendance malsaine semblant s’être accentuée en dépit de Son impardonnable trahison, renforcée par une essence démoniaque vouée à l’excès. Émeraudes honteuses évitant de contempler Son torse et Sa cuisse, s’attardant sur Ses traits déformés par la douleur. Avoir sacrifié Son âme pour qu’elle revienne… elle avait du mal à le croire tant cela semblait absurde et impossible. Elle redoutait de faire l’imbécile qui donne raison aux préjugés découlant de la blondeur de sa chevelure. De réaliser plus tard qu’Il n’avait fait que la tourner en dérision à ses dépends. Effrayée qu’Il puisse la briser alors qu’elle était déjà en miettes. S’attardant sur la contemplation passive du plancher tandis qu’une série de questions venait vriller ses tympans. Sa sœur... elle l’avait souhaité, terriblement. Hypothèse la plus plausible en raison de leur parenté. Retrouvailles amères qui avaient écarté l’hypothèse et réduit ses dernières espérances à néant. Elle s’était ainsi persuadée que son retour sur terre n’était qu’une grossière erreur. Le fruit d’un exorciste ayant confondu deux incantations, emporté par sa soif hâtive d’apprendre. Une libération du même ordre que celle ayant sévi une douzaine d’années auparavant. Mais certainement pas la conséquence de l’acharnement d’un amant se mordant les doigts de s’être montré si violent.

« - Et toi qui t’as ramené ? Je crois qu’aucun de vous n’a été assez fou et masochiste pour aspirer à une telle chose. Les exorcistes se trompent sans arrêt dans leurs formules, et je parle en connaissance de cause. »


Souvenir de l’ancienne instructrice qu’elle avait fait extirper des abysses, jeune vampire tourmentée par sa soudaine solitude. Poussant le vice jusqu’à ramener celle ayant orchestré son crime. Aidée dans sa folie par un ancien époux avide de vengeance. La faire revenir d’entre les morts, il en était quasiment capable en fin de compte… juste pour avoir le plaisir de se pavaner comme un coq devant celui qui lui avait dérobé son stupide myocarde. Or elle était prête à parier qu’il n’était pas au courant et qu’il l’aurait laissé croupir au milieu des flammes. Alors oui, même si elle ne daignait pas le reconnaitre à voix haute, cela ne pouvait être que Lui ou personne. Mais ce n’était pas pour autant qu’elle allait se jeter à Ses pieds, pleine de reconnaissance. Ce n’était pas pour autant qu’elle allait céder à ses convoitises charnelles sans ciller, et faire comme si rien ne s’était passé. Comme s’Il ne l’avait pas démolie. De l’eau allait devoir couler sous les ponts avant, pour laver les traces de Ses méfaits. Stigmates enlaidissant sa nouvelle enveloppe qui restaient gravés néanmoins, en rappelant sans cesse le malheureux accident. Elle attrapa distraitement le chemisier jeté comme un vulgaire chiffon, observant la substance en souillant désormais la blancheur immaculée. Parcelles découvertes de son épiderme dont elle se moquait, la pudeur était superflue après leur passé indécent. Tâches imposantes qui n’étaient pas vermeilles comme à l’accoutumée : noires comme la suie. Emeraudes stupéfaites qui s’écarquillèrent, avant de s’amarrer subitement à Sa silhouette.

« - Qu’est ce que… »


Plus d’ironie, plus de sarcasme. Les quolibets et les diatribes avaient capitulé devant la puissance de son étonnement et de son incompréhension. Ses pupilles cillèrent plusieurs fois de suite, et elle dut s’appuyer sur les lattes du parquet pour se redresser entièrement. Titubant quelque peu devant l’aspect monstrueux que venaient d’emprunter Ses marques boursouflées et gangrenées. Odeur pestilentielle rivalisant avec les notes capiteuses et ensorcelantes de Son sang. Elle se baissa pour ramasser la dague, la nettoyant avec le tissu puis déchirant sa paume pour vérifier l’aspect de son propre cruor. Couleur rubis aussi parfaite qu’éclatante, ne laissant suspecter aucune nécrose avancée. Elle s’avança fébrilement vers Lui, désireuse de satisfaire sa curiosité macabre. Profitant de Sa faiblesse physique pour attraper brutalement Sa main et l’érafler à vif avec sa lame. Ses dernières affirmations se frayaient enfin un chemin jusqu’à sa cervelle, sans qu’elle arrive complètement à les croire. La texture noirâtre qui s’en écoula la fit trembler, et les phalanges de sa main entaillée tentèrent d’essuyer vainement la plaie. Mélangeant les deux mixtures sans le vouloir. Elle referma finalement Son poing sur lui-même, comme si cela suffisait à masquer les ravages suintant de Ses coupures.

« - Je dois te reconnaitre ce mérite : t’es loin d’être un escroc de pacotille, tu soignes tes mises en scènes. Ou alors tu as fait une sacrée mauvaise affaire en troquant ton potentiel de séduction contre une furie enragée. Pillard ou pigeon ? »

Murmures douteux signifiant qu’elle ne savait plus quoi penser, simultanément fascinée et révulsée. Cruel dilemme. Son talon flancha vers l’arrière, geste de recul avorté pour qu’elle se fige dans une immobilité chancelante.


_________________

CALL ME A SINNER, CALL ME A SAINT I finally put it all together, But nothing really lasts forever. I had to make a choice that was not mine, I had to say goodbye for the last time. I kept my whole life in suitcase, Never really stayed in one place. Maybe that's the way it should be, You know I've led my life like a gypsy.

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MessageSujet: Re: From The Ashes Of Hate [PV]   Dim 1 Avr - 14:44


La véracité de Ses mots me fit esquisser un maigre sourire, assassiné par un spasme de douleur dévorant mes reins. Prévenus par avance de la dangerosité de la chose, il avait été si aisé de l’ignorer, de faire comme si Elle n’était pas une ennemie. La considérer comme alliée dès le début alors que rien n’était encore tracé. Lignes sombres suivant un parcours dangereux sans pour autant de perdre ou s’arrêter. Relation contre nature que je n’ai aucunement cherché à briser. Attiré plus que de raison par la traqueuse, épris de Sa folie et son humanité. De toutes ces pièces formant un ensemble des plus singuliers. Même maintenant qu’Elle se retrouvait dans le même camp que le mien. Même maintenant que les lignes semblaient s’être séparées pour ne plus jamais pouvoir se retrouver. La distance semblait infranchissable et pourtant, perdu au fond de ma poitrine, le jumeau silencieux continuait de battre pour retrouver son frère. Espérant avec toute la folie d’un insensés que l’horreur de mes gestes finirait par être pardonné. Que Sa colère s’atténue juste. Je ne m’attends pas à ce qu’elle disparaisse, mais qu’elle s’estompe pour que le brasier s’éteigne. Quitte à ne faire que se croiser, devenir des étrangers pendant quelques temps avant que les choses retrouvent la place qui étaient leurs avant Sa damnation. Calmer des nerfs difficiles à apaiser, chasser d’une existence dissolue toutes les incartades. L’ensemble était si facile à penser, à imaginer. Beaucoup plus ardu tant les vices me rongeaient depuis des années. Passé de mortel naïf et dépourvu d’immoralité jeté dans les flammes de l’Enfer dès ma libération. Douze années de perfidie qui avaient fini par profondément marquer ma chair. Sa seconde réplique me fit frissonner d’horreur. Une vague d’angoisse vint se mêler aux assauts lancinants de la douleur. Des visions chimériques et cauchemardesques vinrent se glisser devant mes yeux, m’obligeant à les fermer dans l’espoir de les chasser. Cela ne fit que les renforcer. La dernière datait de la veille. Le miroir de la salle de bain avait fini en mille morceaux sur le sol. Eclats brillant teintés d’écarlate, réduit en miettes par la furie d’un damné vivant un enfer. Emprisonné dans sa folie, je rêvais éveillé. Constatant des altérations et des changements que j’étais le seul à voir. Cette absence de réaction de la part de ceux ayant assisté à ces changements m’avait convaincu que tout ceci n’était que le fruit de mon imagination. Le châtiment pour L’avoir réduite en cendres. Voué à passer l’éternité à contempler les ravages du temps sur une carcasse rongée par la vermine depuis deux siècles. Le savoir était une chose, en avoir la preuve en était une autre.

« - Je n’en doute pas un seul instant. Je te rassure, ils font leur travail à merveille, tu seras satisfaite le jour où cela arrivera. »
Lâchais-je entre deux inspirations avec une certaine froideur, teintée d’un semblant d’ironie. Amertume évidente qu’il me fut difficile à masquer. Les mots se voulaient emplis d’un humour macabre. Le fait qu’ils ne sont en fin de compte qu’une pure vérité les rendaient difficiles à prononcer, laissant sur ma langue un goût d’acide brûlant les chairs et tout le reste. Au même que la prétendue hémoglobine coulant dans mes veines et sur ma peau. Sa question me laissa sans voix. Echappée des géhennes due au hasard, à l’inconscience d’une pauvre mortelle n’ayant rien trouvé de mieux pour jouer les apprenties sorcières qu’un livre contenant la clé des Enfers. Je l’ai maudite, cette soudaine libération. Je l’ai adoré aussi, tant le fait de ne plus être la victime de tous ces sévices était plaisante. Passé l’éternité à se damner, à être la victime des fantômes tyranniques et sadiques, l’idée fit naître d’imperceptibles frissons qui coururent le long de ma peau brûlante. Fou et masochiste, je le suis, Elle devrait le savoir depuis le temps. Même à l’époque c’était déjà le cas. Aspirant à une existence toute autre que celle dans laquelle j’avais été plongée de force. Prisonnier d’une morte atroce, payant chaque jour au prix de son sang la folie de bandits de grand chemin. Elle n’avait pas eu à souffrir autant. Ramener dans un monde qu’Elle connaissait, la douleur de cédant pas sa place à la désorientation et la panique. Son châtiment n’était rien comparé au mien. Je dus me mordre la langue pour ne pas laisser ces mots franchir le seuil de mes lèvres. Paroles acerbes forgées dans les abîmes d’une affliction dérangeante et toujours aussi étouffante. Canaux miteux se tordant et se crispant sous les assauts d’un liquide étranger et corrosif. J’avais beau vouloir qu’ils cessent, les tremblements dévorant mes jambes refusaient de les laisser en paix. Accablé par une fièvre fantomatique je failli ne pas apercevoir Sa réaction. L’ombre de l’incompréhension et de l’étonnement venue se nicher sur Ses traits me fit esquisser un mince sourire. Prunelles ancrées aux Siennes qui n’en perdirent pas une miette, dévorant Son hésitation avec un malin plaisir. Profitant de l’instant avant qu’Elle ne retrouve son masque de haine et de rancœur.

« - Je te l’accorde c’est assez déroutant la première fois qu’on le voit. Moi-même j’ai du mal à m’y faire »
Lâchai-je avec une certaine moquerie dans la voix, mes traits se crispant une brève seconde devant l’ironie de la chose. Dire que je m’y habitue serait un pur mensonge. J’ai l’audace de penser, à chaque fois que j’ose m’aventurer devant un miroir ou que ma chair succombe devant une lame, que rien ne va se passer. Ça arrive, de rares fois. Quand mon esprit n’est pas totalement dévoré par l’angoisse et la folie. Autant dire que ce genre d’instant se fait rare. Je l’ai regardé faire avec un certain intérêt, ne devinant que trop tard ce que signifiait tout Son manège. Frissonnant de délice lorsque les notes enjôleuses de Son sang vinrent éclipser pendant un bref instant les émanations du mien. Geste de recul à peine esquisser, aussitôt avorter tant me tenir debout était déjà un lourd effort. De vifs picotements glissèrent le long de ma main, grignotant mon bras alors que les sillons bleutés changeaient eux aussi de couleur. Noirci par la Mort, pourris jusque dans la plus infime fibre. Comme tout le reste. Rongé par la vermine depuis si longtemps, qu’il ne devrait rien en rester. Ses derniers mots raisonnèrent un long moment contre mon crâne tandis que mon regard se posait sur mon poing. Phalanges tyranniques se serrant avec plus de force jusqu’à se heurter contre la plaie béante traversant ma paume.

« - Qui te dit que j’ai fait une mauvaise affaire ? Les exorcistes se trompent peut être dans leur formule seulement quand ils sont seuls. Quand on leur demande gentiment ils en sont incapables. Il fallait bien que je trouve autre chose »
Soufflais-je en reportant mon attention sur Elle. Je restais un instant immobile, impassible, avant d’enfin esquisser un geste. Me détacher de mon appui de fortune pour briser la misérable distance nous séparant.

« - Je dirais les deux. J’ai toujours été mauvais en affaire, notre cher créateur l’a compris et n’a pas jugé utile de me faire lire le contrat avant que je ne le signe. La destruction d’une âme à ses inconvénients… »
Et quand bien même, si j’avais su ce qu’il adviendrait une fois l’échange fait, je n’aurais pas cherché plus loin. Acceptant malgré les dangers, et les horreurs qui accompagneraient mon geste. Maigre remboursement du prix à payer pour Lui avoir ôté la vie. J’en avais bien conscience, et tout le sang qui pourrait venir se glisser sur mes doigts, rouge ou noir, n’effacerait rien. Méfaits marquant à jamais ma peau et la Sienne des mêmes blessures. Impossible à cicatriser, invisibles et pourtant éternellement présente. Sa peau, malgré Sa perfection j’en apercevais encore les traces de mon geste. Tâches écarlates dévorant le satin de Sa chair, à tel point que cela en devenait dérangeant. Laisser mes doigts s’y glisser, en retrouver la saveur et effacer l’ombre de mon homicide. Je finis par le faire, les laissant serpenter le long de Son bras avant de les laisser s’échouer sur Sa gorge. Caresses à peine perceptible, aérienne. Suffisantes pourtant me faire frissonner d’allégresse, pour dissiper les élans de douleurs et les affreuses sensations de picotements annonçant la mise en route du mécanisme de réparation. Manège enivrant qui dura encore un instant, les curieux achevant leur course sur Sa nuque.

« - Je savais que je n’aurais jamais du te le rendre. »
Murmures à peine audibles venus mourir contre Son oreille. Attirance indéniable reprenant le dessus malgré le sang et la rancœur. Regrets et colère partagés par deux fous, difficile cependant de les laisser dévorer un attachement s’étant forgés dans les flammes des géhennes. Mes lèvres frôlèrent une fois de plus Sa joue, s’y attardant un instant avant de retrouver leurs camarades de jeu favorites. Mélanges d’essences devenues jumelles au fil du temps qui me parut encore plus délectable qu’avant. Ma main meurtrie se posa sur Ses reins, l’attirant un peu plus contre moi, celle posée sur Sa nuque l’écrouant avec force par crainte de la voir se dérober. Violence teintée d’une douce tendresse insufflée au moindre de mes gestes. La retenue était toujours pourtant, fixant des limites que j’aurais tant voulu pouvoir briser. Incapable cependant de défaire l’édifice tant les remords rongeaient ma chair. Les derniers restes d’une humanité réduite en cendres, effacée lorsqu’il s’agit des autres. Toujours présente dès qu’Elle en devient la cible. Les stigmates de Son élan de violence disparurent, entraînant avec eux les traces de ma propre folie. Redonnant à ma peau son aspect d’origine, avec pour seul témoin les tâches noires maculant mes vêtements et le Sien. Etreinte délicieuse qui finit par prendre fin, un éloignement à peine perceptible et pourtant suffisant pour que mon souffle se mêle à nouveau au Sien.


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This is the final deceiver, this is the devil in me, expecting deeds in the making will show no final relief. Ever would we dance with the reaper. When meeting your disasterare only for a desperate fool. Will we be forever free as we unchain our souls from life forever. Another's desperation flying through the emptiness as my degradation throws me out of line.
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MessageSujet: Re: From The Ashes Of Hate [PV]   Sam 7 Avr - 22:08

Arabesques noircies par la mort qui la fascinaient. Entachant Sa chair diaphane de sillons si obscurs qu’ils semblaient surnaturels. Et ils l’étaient d’ailleurs, c’était ça le plus déroutant. Démons forgés dans les flammes de l’Enfer oubliant les monstres qu’ils étaient une fois revenus sur Terre. Bercés par l’illusion fourbe de la jeunesse éternelle. Masque traitre dissimulant seulement la vermine croupissant sous leurs enveloppes satinées. Elle croyait connaitre la partition de Son sang par cœur, en avoir décortiqué jusqu’à la plus infime note. Hémoglobine exquise qui courait un peu dans ses veines après tout désormais. Échange d’essences dans ce jardin maudit qui avait laissé des traces indélébiles, accrochant une nouvelle corde à l’arc de leur addiction. Et pourtant. Elle frissonna d’horreur devant l’aspect nébuleux inédit de Ses vaisseaux sanguins. Dérangeant tant il rappelait que leur misérable liberté pouvait devenir soudainement éphémère. Qu’il suffisait d’un faux pas, un seul, pour les refaire sombrer dans la chaleur oppressante des géhennes. Sans le moindre espoir de s’en sortir cette fois, car les secondes chances ne se présentent qu’une unique fois. Vision d’un avenir cauchemardesque qui lui lacéra la poitrine, comme si une main invisible s’y faufilait pour tout arracher sur son passage. Sale égoïste qui ne s’inquiétait pas pour elle-même cependant, mais surtout pour Lui. Ou peut être était-ce pareil ? Car Sa perte entrainerait inexorablement la sienne, aussi niais et stupide que cela puisse t’il paraitre. Survie précaire dépendant d’Elle, de Lui. Aujourd’hui plus que jamais. Et elle redoutait déjà les conséquences de Son sacrifice, sans oser se l'avouer. L’usage de ses cordes vocales mit un moment à lui revenir, laissant échapper des murmures rocailleux et enroués plus ridicules que réellement cinglants.

« - Leur demander gentiment ? Te connaissant, j’ai un doute. A moins que tu ais payé les traqueuses en nature, ça ne m’étonnerait pas. »


Jalousie invasive qui ne pouvait pas s’empêcher de revenir sur le devant de la scène, même quand elle aurait pu rester sagement rangée dans un coin putride. Possessive inapte à jouer la comédie et à faire comme si Ses incartades ne lui importaient plus. Hypothétiques rivales qui subiraient un calvaire innommable si elle les attrapait. Si la chasseuse ne leur accordait aucune pitié, elle passait quasiment pour une fillette inoffensive à côté de la diablesse forgée par Satan en personne. Elle avait éludé sa première question, qui était de toute manière un mystère pour elle. N’importe quel autre démon à Sa place aurait cherché à la réduire en fumée. Lui aurait rendu chacun de ses coups avec une ardeur décuplée par la rage de se venger. Elle aurait probablement terminé empalée sur une barre en fer puis défenestrée. C’était peut être seulement du masochisme, et néanmoins elle en doutait. Elle avait eu souvent l’occasion de voir de quelle manière affreusement sadique Il punissait ceux qui éraflaient Sa fierté et Le tailladaient impunément. Indulgence qui lui faisait presque oublier qu’Il avait fini par lui faire subir le même sort funeste. Phalanges assassines qui avaient entouré sa jugulaire jusqu’à l’en faire suffoquer. Serrant si fort et si violemment que ses lèvres s’étaient mises à bleuir et que l’oxygène n’arrivait plus jusqu’à sa trachée. C’était surement ça la véritable douleur : vivre un atroce supplice, et être impuissante à le faire cesser. Immersion en apnée avant de remonter enfin à la surface, et de se cogner la boite crânienne à un rocher meurtrier. Elle avait la sensation de ne pas avoir repris son souffle depuis, prisonnière de l’antre du Diable puis captive de sa haine viscérale. Sentant toujours Ses doigts sur sa gorge, en train de broyer ses vertèbres et d’aspirer les restes de son humanité. Sursautant lorsqu’Il brisa le frêle espace entre eux et poussa le vice jusqu’à frôler la peau qu’Il avait lui-même abimée. Malgré la douceur de Son toucher, elle se surprit à appréhender qu’Il dérape. Qu’Il attrape férocement son cou et ne le lâche plus. Traumatisme qu’elle n’avait pas vu venir, ancré à ses réflexes sans qu’elle puisse y changer quoi que ce soit. La confiance s’était envolée, et elle se mua contre son gré en une poupée craintive et désarçonnée par la tournure des évènements. Rôle de pacotille qui ne lui allait décidément pas, trop pâle et terne face à celui de la furie. Ignorant quoi croire, et si elle avait envie de Lui accorder le moindre crédit. Esquissant cependant un simulacre de sourire lorsque Son affirmation se glissa à l’intérieur de son organe auditif.

« - J’aurais fini par le trouver, on dirait que tu es aussi médiocre que moi quand il s’agit de cacher des armes. »


C’était étrange de l’avoir gardé sur lui, et une fois n’est pas coutume elle ignorait comment l’interpréter. Désir de conserver sur lui une trace de Son abominable victoire ? C’était ça, la gloire du vainqueur qui garde en trophée un objet de valeur du perdant ? Ou bien la marque de dévotion d’un amant inséparable d'un souvenir de sa défunte compagne ? Ce n’était peut être rien de tout ça toutefois. Son geste pouvait être dénué de toute logique, de toute explication. Tortionnaire ayant juste emporté avec lui le premier instrument de torture à sa portée. Elle ouvrit la bouche pour poser la question, avant d’éclipser subitement son envie de connaitre la réponse. Séduite par une proximité qu’elle aurait du farouchement s’interdire. Enivrée plus que de raison par le manège lascif de Ses lippes tentatrices effleurant les siennes, en redécouvrant la saveur inimitable. Elle se crispa néanmoins lorsqu’elles se scellèrent, affichant une certaine réticence sans pour autant trouver le courage et la volonté de Le repousser. Incapable de retenir un gémissement de plaisir lorsqu’Il l’attira davantage près d’elle, brûlant ses reins pour que Son bassin vienne se fracasser contre le sien. Résistance fugace ployant sous les assauts d’un désir écrasant. Tendresse teintée de brutalité à laquelle elle s’abandonnait, doucement mais surement. Elle se détestait de baisser les armes si facilement alors qu’elle aurait du être en train de Le marteler avec son poignard jusqu’à ce que mort s’ensuive. Perspective sanglante qui n’était pas exclue pour plus tard ceci dit.

Ferveur étouffante qui se dissipa légèrement lorsqu’Il s’écarta de quelques centimètres, ravivant les flammes de sa frustration. Ses dents vinrent mordiller férocement Sa lèvre inférieure. Goutant à leur cruor métallique, acide et venimeux au possible, avant qu’elle n’empoigne Sa nuque pour prolonger le baiser. Créature tyrannique désireuse d’effacer la soumission qui avait précédé, insufflant à ses mouvements une violence exacerbée. Aspect de sa personnalité décuplé depuis sa transformation, mais qui ne s’était mélangé à la luxure qu’avec Lui pour l’instant. Certaines choses n’étaient pas faites pour changer. Elle continuait à se montrer glaciale dans ce domaine avec les autres dès que les enjeux se corsaient. Vipère hargneuse s’estimant souillée au contact d’autrui, affectionnant suffisamment la glace pour s’en contenter. Pulsions charnelles pourtant suffocantes en Sa délicieuse présence, la harcelant au point qu’elle souffrait lorsqu’une distance était instaurée. Désagréable constatation qui eut le don d’effriter dangereusement ses nerfs. L’emprise qu’Il gardait sur elle, en dépit de Son infâme trahison, était intolérable. Attachement tenace frôlant la stupidité après ce qu’Il lui avait infligé, même s’Il prétendait l’avoir ramenée. Guidée par son animosité, elle retira brusquement Ses serpents aventureux de ses hanches et s’éloigna en arrière. Amarrant ses prunelles orageuses à l’acier hypnotisant des Siennes, alors qu’un vent d’expectative s’immisçait dans la pièce. La gifle partit toute seule, imprimant à Sa joue une gravure écarlate.

« - Il va falloir un peu plus que du sang ébène et avarié pour que je te laisse reposer impunément tes sales pattes sur moi. »

Sifflements acerbes d’une mauvaise foi affligeante mais qui ne contrastaient pas vraiment avec les railleries habituelles. Elle commençait à retrouver un semblant de lucidité, et la méfiance corrosive allant de paire. Le martyriser davantage ne la tentait plus en revanche, l’adrénaline était retombée en laissant sa carcasse vide. Du temps pour panser une partie de ses blessures et assimiler les informations ingurgitées, voilà ce qu’il lui fallait. Du temps pour réfléchir au bien-fondé de Ses déclarations et éventuellement trouver des preuves concrètes. Elle se déporta distraitement vers le sofa, plongeant ses doigts dans le pelage ténébreux de l’animal y sommeillant comme un enfant-roi. Compagnie qui lui avait terriblement manqué, bien qu’elle ait été dérisoire en comparaison de ce qu’elle pouvait ressentir pour son maitre. Hésitant à l’emmener avec elle histoire de Le punir et d'atténuer son propre isolement, avant d’y renoncer.

« - Il a maigri, je ne te félicite pas. »

Réplique teintée d'un amusement factice tandis que ses émeraudes austères Le fusillaient sans vergogne. Regard tueur, pour ne pas flancher. Faire semblant, jusqu’au bout, qu’on est celle qui accorde un sursis quand on prend juste la fuite, la poudre d’escampette. Pupilles furibondes semblables à des lames de rasoir, avant de se téléporter contre Lui. Tordant Son poignet dans un angle hasardeux tandis que sa main libre griffait Son cou pour que son souffle se déverse au creux de Son oreille. Il y avait longtemps qu’elle ne s’encombrait plus de délicatesse.

« - On en a pas fini. Mais je suis charitable, je préfère t’offrir un trépas moins expéditif et pitoyable que le mien. »


Bruissements susurrés d’un ton mielleux et méprisant avant qu’elle ne disparaisse à regret dans les ténèbres. Recrachée dans un logement empli d’une solitude accablante, qui ne ferait qu’aggraver sa démence. Éternelle souffrance venant de gagner en ampleur. La plongeant dans un mal-être si intense qu’elle fut obligée de s’appuyer contre le mur pour ne pas chanceler. Faiblesse lancinante détruisant littéralement une carapace qu’elle aurait voulue inébranlable. Chagrin insoutenable qui ne tarderait pas à se muer en énervement et agressivité. Qui se déferlerait sur une pauvre victime n’ayant rien demandé. Liste monstrueusement grande de proies et d'ennemis en tous genres qui avait de quoi l’occuper avant de revenir Le hanter. Les jours allaient s’égrener d’ici là, longues angoisses à serrer le ventre et à réduire les entrailles en cendres éparses.

_________________

CALL ME A SINNER, CALL ME A SAINT I finally put it all together, But nothing really lasts forever. I had to make a choice that was not mine, I had to say goodbye for the last time. I kept my whole life in suitcase, Never really stayed in one place. Maybe that's the way it should be, You know I've led my life like a gypsy.

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